Saisie record de 43 kg de cocaïne annulée en Martinique après une irrégularité judiciaire
Une opération antidrogues de l'Ofast Caraïbe s'est soldée par la remise en liberté des cinq suspects arrêtés. Une erreur de procédure a réduit à néant des semaines d'enquête.

Cinq suspects relâchés malgré 43 kg de cocaïne saisis en Martinique
Une opération antidrogue menée pendant plusieurs semaines en Martinique s'est achevée en fiasco : les cinq personnes interpellées ont été remises en liberté sans poursuites, après qu'une irrégularité de procédure a invalidé l'ensemble de la procédure. Franceguyane.fr rapporte que la saisie — 43 kg de cocaïne estimés à plusieurs millions d'euros — a été réduite à néant par une erreur imputable à l'institution judiciaire.
L'enquête avait débuté le 21 juillet, conduite par l'Office anti-stupéfiants (Ofast) Caraïbe. Elle ciblait un réseau acheminant de la cocaïne via des colis de déménagement entre la Martinique et Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise. Les enquêteurs avaient suivi à la trace les colis depuis le port de Fort-de-France jusqu'à celui du Havre, puis jusqu'à leur destination finale. Le 28 août, l'opération aboutissait à l'arrestation de cinq suspects et à la confiscation des 43 kg.
Le même jour, une note interne de la direction nationale de la police judiciaire, consultée par Le Monde, faisait état d'une « irrégularité de procédure » attribuée à l'institution judiciaire. Conséquence directe : les cinq individus ont dû être relâchés, sans qu'aucune poursuite ne soit engagée. Le ton inhabituellement critique de ce document policier traduit, selon les observateurs, un profond mécontentement des services enquêteurs.
Ce revers survient à peine une semaine après la visite du ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau en Martinique, les 21 et 22 août. À cette occasion, il avait annoncé le déploiement de renforts pour endiguer ce qu'il avait qualifié de « tsunami blanc » de cocaïne frappant les Antilles. L'échec est perçu comme un coup dur, tant sur le plan opérationnel que symbolique, pour la crédibilité des dispositifs de lutte contre le narcotrafic dans les outre-mer.
La note désigne explicitement une erreur judiciaire, relançant ainsi les questions sur les moyens alloués à la justice et à la police dans les territoires ultramarins, ainsi que sur la coordination entre ces acteurs. Face à des réseaux criminels de plus en plus structurés, la technicité procédurale des enquêtes transnationales laisse peu de marge à l'erreur. Un seul vice de forme a suffi ici à annuler une opération d'envergure, offrant aux narcotrafiquants une issue qu'aucun tribunal n'avait accordée.
Source: Google News MQ — Crime