Vingt homicides en Martinique : le syndicat Alliance Police alerte sur la flambée des violences armées
Deux jeunes tués en moins de dix jours, 20 homicides depuis janvier : le syndicat Alliance Police Nationale dénonce le manque d'effectifs et des causes structurelles non traitées.

Recrudescence des violences armées : Alliance Police Nationale tire la sonnette d'alarme en Martinique
Vingt homicides depuis le début de l'année, dont 19 par arme à feu. Selon rci.fm, la Martinique traverse une crise sécuritaire sans précédent, marquée ces quinze derniers jours par une série de fusillades, de tentatives de braquage et de saisies d'armes à feu sur l'ensemble du territoire.
Deux jeunes hommes tués en moins de dix jours
L'escalade a pris un tournant particulièrement grave avec la mort de deux très jeunes hommes en l'espace de quelques jours. Le 31 août, un jeune de 18 ans a été abattu en plein bourg du Lamentin. Moins de dix jours plus tard, un adolescent de 16 ans était tué par balle au François.
Des scènes de fusillades se sont multipliées des quartiers de Fort-de-France jusqu'aux communes rurales, témoignant d'une circulation d'armes que les autorités décrivent comme inédite sur l'île.
Effectifs en chute, procédures en souffrance
Face à cette montée des violences, le syndicat Alliance Police Nationale pointe en premier lieu la diminution des effectifs. Thierry Baucelin, secrétaire territorial du syndicat, précise que les services comptent aujourd'hui environ 175 officiers de police judiciaire, contre 209 en 2022.
« Ça paraît spectaculaire pour le commun des mortels, mais c'est notre quotidien. Nous devons faire face à des difficultés d'effectifs, ne serait-ce que pour le traitement des procédures », déclare Baucelin. « Avec un quotidien pareil, vous pensez bien que ça nous désole, surtout pour les victimes, qui attendent une réponse rapide. »
Des causes structurelles encore peu traitées
Au-delà du manque de personnels, le secrétaire territorial insiste sur des problèmes de fond qui dépassent le seul champ policier ou judiciaire.
« Il y a un sérieux problème, car c'est tout le territoire qui est impacté. On craint que ça n'aille pas en s'améliorant », poursuit Baucelin. Il évoque des décisions politiques à prendre en matière d'éducation et d'accompagnement à la parentalité, ainsi que l'existence probable d'une économie souterraine et de réseaux de narcotrafic à l'origine de ces dérives.
« Il faut vraiment qu'on fasse une analyse sur la société martiniquaise », conclut-il, appelant la population à prendre part à la résolution de la crise.
Un territoire impacté des villes aux campagnes
Les incidents récents illustrent l'étendue géographique du phénomène : fusillades à Dillon et Saint-Joseph, tentative de braquage aux Anses-d'Arlet, saisies d'armes lors d'opérations de police. Le syndicat Alliance Police Nationale avertit que la situation risque de ne pas s'améliorer sans intervention coordonnée, associant forces de l'ordre, justice et décideurs politiques.
Source: Google News MQ — Crime