Assistante sociale de la police de Liège poursuivie pour usurpation d'identité

Une assistante sociale de la police fédérale de Liège a usurpé l'identité d'une policière pour nuire à l'ex-compagne de son cousin dans un litige de garde d'enfant.

Assistante sociale de la police de Liège poursuivie pour usurpation d'identité

Faux mails, cocaïne et usurpation d'identité : une assistante sociale devant le tribunal de Liège

Le parquet de Liège a requis des peines de trois et six mois de prison à l'encontre de Cécile, assistante sociale au sein de la police fédérale de Liège, selon DHnet. Elle doit répondre de faux, d'usages de faux, d'immixtion dans la fonction de policier et de détention de stupéfiants, des faits commis entre 2023 et 2025.

Les faits ont émergé lors d'une procédure devant la cour d'appel de Liège. Cécile a mis à profit sa proximité avec le milieu policier pour envoyer des courriels dans lesquels elle se présentait comme une policière mandatée par le parquet dans le cadre d'une enquête familiale — ce qui était faux.

Son cousin, en conflit avec son ex-compagne pour la garde d'un enfant, souhaitait réunir des éléments à charge contre cette dernière. Cécile a alors contacté l'employeur de la femme ainsi que l'école de l'enfant, posant des questions sur les habitudes et les horaires de la mère. Ces courriels ont ensuite été produits comme pièces devant la cour d'appel de Liège dans le cadre de la procédure de garde.

L'affaire a été dénoncée au procureur du Roi. La partie lésée a également déposé plainte auprès du Comité P, l'organe de contrôle des services de police.

Au cours de l'enquête, il est apparu que l'assistante sociale entretenait des relations avec un individu condamné pour séjour illégal et trafic de stupéfiants, auquel elle aurait conseillé de corrompre un policier au Maroc. Lors d'une perquisition à son domicile, elle a elle-même reconnu la présence de restes de cocaïne qu'elle avait consommée, retrouvés au-dessus de son réfrigérateur. Le chien renifleur dépêché sur place a confirmé la découverte.

Il est également apparu qu'elle s'était renseignée sur l'achat et la revente de téléphones portables indétectables aux portiques de prison, bien que ces faits ne constituent pas une infraction et qu'elle n'en soit pas poursuivie.

Malgré la gravité des faits reprochés, Cécile n'a pas été écartée de son service.

Devant le tribunal, elle a tenté d'expliquer sa démarche : "Je ne pensais pas que le mail allait se retrouver devant un tribunal. Je voulais savoir si elle disait la vérité. J'aime tellement mon boulot que je ne veux pas le perdre. C'était simplement pour venir en aide au petit."

Son avocat, Me Maxime Toller, a plaidé l'acquittement ou, à titre subsidiaire, une peine de travail ou une peine de probation autonome. Il a soutenu qu'un courriel ne constituait pas un écrit protégé au sens de la loi et ne pouvait donc pas techniquement être qualifié de faux en écriture. Il a par ailleurs estimé que l'infraction d'immixtion dans une fonction publique exigeait un critère de publicité qui n'était pas réuni en l'espèce. Concernant la cocaïne, il a fait valoir qu'aucun élément ne prouvait formellement que sa cliente en avait eu la possession.

Source: DHnet

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