Affaire Le Scouarnec : les victimes craignent une récupération politique de Darmanin à Vannes
Le ministre de la Justice rencontre vendredi des victimes de l'ancien chirurgien à Vannes. Le collectif redoute une simple posture politique.

Rencontre à Vannes : le collectif des victimes de Le Scouarnec sur ses gardes
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin se rend vendredi 21 août à Vannes, dans le Morbihan, pour rencontrer des victimes de Joël Le Scouarnec. Selon France Info, le collectif des victimes de l'ancien chirurgien accueille cette démarche avec méfiance. « J'espère que ce ne sera pas une posture politique », a déclaré jeudi Manon Lemoine, elle-même victime, sur l'antenne de la radio.
Condamné en mai 2025 à vingt ans de réclusion — la peine maximale — par la Cour criminelle de Vannes pour près de 300 viols et agressions sexuelles sur 299 victimes, Joël Le Scouarnec est désormais visé par une nouvelle information judiciaire ouverte par le parquet de Lorient. Elle porte sur 10 viols supplémentaires et 40 nouvelles agressions sexuelles.
Des demandes structurelles restées sans réponse
Le collectif ne se limite pas à la rencontre du jour. Il appelle à « un vrai travail de fond » portant à la fois sur les moyens alloués à la justice et sur la protection des enfants. Manon Lemoine insiste : la parole des victimes doit être « entendue » et mieux prise en compte dans les procédures judiciaires.
L'un des points de friction concerne le régime des circonstances aggravantes en matière de crimes sexuels. Le collectif déplore depuis longtemps qu'une seule circonstance aggravante soit retenue, et non plusieurs, et que leur accumulation ne se traduise pas par un cumul réel des peines. Manon Lemoine affirme avoir alerté le ministère de la Justice sur cette question « depuis plus d'un an ». La demande est restée « sans réponse », souligne-t-elle.
Les failles du milieu médical en débat
Sur les défaillances du monde médical — point central dans cette affaire —, les discussions progressent, selon Manon Lemoine. « On voit une bonne volonté » de la part du ministère de la Santé, indique-t-elle, tout en appelant à des résultats concrets.
Ces failles sont au cœur du scandale depuis le début : Joël Le Scouarnec avait été condamné dès 2005 pour détention d'images pédopornographiques. Cette condamnation n'avait pas mis fin à son activité professionnelle, et il avait continué à exercer au contact d'enfants pendant des années avant que l'affaire n'éclate dans toute son ampleur.
Source: France Info