Trafic "Ubershit" à Quimper : le livreur condamné demande sa liberté avant l'appel
Un jeune homme de 24 ans, condamné à deux ans ferme pour livraison de drogue en Finistère, demande sa remise en liberté avant son procès en appel à Rennes en septembre.

Réseau "Waze Coffee" : Evan, livreur condamné, veut sortir de détention avant son appel
Selon Google News FR — Crime (fr), un jeune homme de 24 ans originaire de Châteauneuf-du-Faou, condamné le 30 juin 2026 à deux ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Quimper, a demandé sa remise en liberté dans l'attente de son procès en appel prévu en septembre à Rennes.
Un trafic organisé sous couverture d'une marque fictive
L'affaire remonte à janvier 2026, lorsque la gendarmerie de Quimperlé reçoit un témoignage anonyme signalant un réseau de vente de stupéfiants baptisé "Ubershit". Les enquêteurs de la brigade de recherches établissent rapidement un lien avec une procédure douanière antérieure : quelques mois plus tôt, une femme avait été contrôlée avec des stupéfiants conditionnés dans un emballage identique.
Le réseau fonctionnait sous l'enseigne "Waze Coffee". Les clients passaient commande en ligne avant d'être livrés directement à leur domicile. Les membres de l'organisation utilisaient Signal pour recenser les ventes et Telegram pour coordonner les livraisons. Entre 2025 et 2026, le chiffre d'affaires du réseau est estimé à 1,5 million d'euros.
203 livraisons et des livreurs rémunérés à 10 %
Parmi les protagonistes identifiés figure une habitante de Cléden-Poher, âgée de 34 ans, contrôlée par les douanes de Quimper en novembre 2025. Elle aurait effectué 203 livraisons, représentant environ 609 000 euros de produits pour le compte de "Waze Coffee". Elle avait indiqué aux enquêteurs avoir été recrutée via Signal, après envoi d'une photo et d'une copie de sa pièce d'identité. Les livreurs percevaient 10 % des recettes de leur tournée, soit en moyenne 300 euros par tournée pour un montant moyen de 3 000 euros.
Les techniques spéciales d'enquête ont permis d'identifier huit protagonistes au total, interpellés le 27 avril 2026.
Evan : sans casier, en arrêt maladie au moment des faits
Evan, 24 ans, ne présentait aucun antécédent judiciaire au moment de son arrestation. Il travaillait dans un abattoir, mais se trouvait en arrêt depuis un accident du travail. Il a reconnu les faits devant les enquêteurs. Le tribunal correctionnel de Quimper l'a condamné à deux ans de prison ferme le 30 juin 2026. Quatre des personnes condamnées, dont Evan, ont fait appel de la décision.
Son avocat plaide pour la libération, le parquet s'y oppose
Devant la cour d'appel de Rennes, son avocat, Me Sami Khankan, a décrit son client comme un "simple exécutant" au sein d'une organisation bien plus vaste. Il a également rappelé qu'Evan aurait participé au trafic pour tenter de rembourser une dette contractée par son père, lui-même condamné pour des infractions à la législation sur les stupéfiants dans les mois précédant les faits.
Le jeune homme affirme vouloir "se réinsérer", trouver "un travail et un logement" et suivre des soins pour une douleur à l'épaule ainsi que des "douleurs cervicales et des migraines". Il assure avoir pris conscience de la gravité des faits après ses "quatre jours en garde à vue" et se dit désormais "vacciné" contre toute récidive.
"Je ne vois pas très bien ce qu'on gagne, sauf à neutraliser quelqu'un, à le maintenir en détention", a plaidé Me Khankan.
L'avocat général n'a pas partagé cette analyse. Il a estimé que "l'échelle extrêmement importante" du trafic et le "montant des produits livrés" par Evan faisaient craindre un "renouvellement des faits". Le magistrat a également considéré que le prévenu ne présentait pas "de garanties suffisantes de représentation compte tenu de la peine encourue", et a demandé à la cour de le maintenir en détention.
La décision sur la demande de mise en liberté doit être rendue dans deux semaines. Le procès en appel est prévu en septembre à Rennes.
Source: Google News FR — Crime (fr)