Bastia : quatre ans de prison pour violences aggravées sur un coach soupçonné de pédocriminalité

Un jeune homme de 26 ans a été condamné à Bastia pour avoir violemment agressé un coach sportif, deux fois condamné pour atteintes sexuelles sur mineurs. La victime a subi 45 jours d'ITT.

Bastia : quatre ans de prison pour violences aggravées sur un coach soupçonné de pédocriminalité

Condamné pour violences aggravées à Bastia, il invoquait la protection d'un mineur

Le tribunal correctionnel de Bastia a condamné mardi 15 septembre un homme de 26 ans à quatre ans d'emprisonnement, dont 30 mois assortis d'un sursis probatoire de deux ans, pour violences aggravées sur un coach sportif. Selon ici.fr, l'affaire illustre, selon les termes mêmes du tribunal, "les comportements typiques de ceux qui cherchent à faire le travail de la justice dans les dossiers de pédocriminalité".

Les faits remontent à la nuit du 11 au 12 septembre 2023, à Lumio. Francescu Agostini, alors âgé de 23 ans et propriétaire d'une salle de sport, a agressé Antoni Straboni, coach sportif de l'établissement. La victime, âgée de 38 ans, a été condamnée à deux reprises pour agression et atteinte sexuelle sur mineurs — en 2008 et en 2020 — et s'est vu prescrire 45 jours d'ITT à l'issue de l'agression.

Des soupçons, puis une intervention brutale

À la barre, Agostini a retracé la chronologie qui l'a conduit à agir. "J'ai commencé à avoir des soupçons quand j'ai vu la relation inhabituelle qu'il entretenait avec Florian, un mineur de la salle", a-t-il déclaré devant le président. Après avoir découvert le casier judiciaire du coach, il affirme avoir interrogé le jeune Florian, qui lui aurait confié être victime de chantage. "Quand il m'a dit le soir du 11 septembre qu'il allait à la salle pour un cours avec Straboni, j'ai vu ça comme un appel à l'aide", a-t-il expliqué lors de sa garde à vue.

Arrivé sur place en pleine nuit, Agostini dit avoir vu le coach "en caleçon, seul avec Florian". Il a alors frappé l'homme et mené ce qu'il reconnaît lui-même comme un "interrogatoire" particulièrement violent. Il conteste cependant avoir porté des coups au visage ou utilisé une arme, en dépit des nombreuses plaies et contusions constatées à l'hôpital.

"J'aurais dû appeler la police"

Devant le tribunal, le prévenu a exprimé des regrets répétés. "J'ai extrêmement honte aujourd'hui. Ça n'était pas mon rôle, j'aurais dû appeler la police", a-t-il déclaré à plusieurs reprises. Il a également reconnu avoir effacé des données sur le téléphone portable de la victime — notamment des photos dénudées de mineurs présumés, qui auraient été obtenues par chantage ou corruption. Cette suppression a eu des conséquences directes sur la procédure judiciaire visant Straboni : "La justice n'a pas eu d'autre choix que d'entrer en voie de relaxe concernant monsieur Straboni", a admis Agostini.

De son côté, Antoni Straboni a maintenu que son agresseur était armé et avait proféré des menaces de mort. "Je crains pour ma vie. Je suis aujourd'hui un mort-vivant. Ma vie est gâchée. Je ne trouverai plus jamais de travail. Je ne suis pas un pédophile et j'ai payé mes torts", a-t-il affirmé à la barre. Interrogé sur l'argent envoyé à des mineurs, il a évoqué des "paris sportifs". Sur les surnoms donnés à des jeunes, il a reconnu : "C'est vrai que j'ai besoin d'affection. J'ai perdu ma mère."

"On ne se fait pas justice soi-même"

L'avocate de la victime, Me Anna-Livia Guerrini, a rappelé qu'il "n'est pas possible de se faire justice soi-même, de faire violence, de réagir ainsi à la rumeur publique". La procureure a tenu un discours similaire, appelant les juges à rendre une décision "qui dépasse la pensée dogmatique". "Comprendre une colère de monsieur Agostini, oui. Mais légitimer son exécution, ce qu'elle a engendré, non", a-t-elle soutenu, tout en soulignant le profil du prévenu, "parfaitement inséré, qui a reconnu spontanément son erreur".

Le tribunal a suivi ce réquisitoire. Francescu Agostini a été reconnu coupable de violences avec préméditation et condamné à quatre ans de prison, dont 30 mois de sursis probatoire assortis d'une obligation de travail et de soins. Ayant déjà effectué huit mois de détention provisoire, il est sorti libre du tribunal, le reliquat de sa peine étant aménagé sous bracelet électronique.

Deux autres personnes impliquées dans cette affaire devaient être jugées le mercredi 16 septembre devant le tribunal pour mineurs de Bastia.

Source: Google News FR — Crime (fr)

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