Corruption avec Ghosn : Rachida Dati affirme avoir exercé comme avocate devant le tribunal

Rachida Dati comparaît à Paris pour corruption et trafic d'influence, accusée d'avoir perçu 900 000 euros de Renault durant son mandat d'eurodéputée.

Corruption avec Ghosn : Rachida Dati affirme avoir exercé comme avocate devant le tribunal

Procès Dati-Ghosn : la maire du 7e arrondissement seule à la barre

Selon TF1 Info, Rachida Dati a comparu jeudi 17 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris pour défendre la réalité de ses prestations d'avocate auprès d'une filiale de Renault-Nissan. L'ancienne ministre de la Culture, rémunérée à hauteur de 900 000 euros d'honoraires entre 2010 et 2012, a affirmé à la barre : « Carlos Ghosn a signé un contrat d'avocat, j'ai signé un contrat d'avocat et j'ai exercé comme avocat. »

Le procès, ordonné par deux juges d'instruction pour corruption et trafic d'influence, a débuté mercredi à Paris. Carlos Ghosn, ex-PDG de Renault, est absent des débats. Réfugié au Liban, il échappe aux mandats d'arrêt japonais et français émis à son encontre. La maire du 7e arrondissement de Paris se retrouve ainsi seule sur le banc des prévenus.

Le Parquet national financier soutient que la convention d'honoraires signée le 28 octobre 2009 entre Carlos Ghosn et Rachida Dati — prévoyant une rémunération forfaitaire annuelle de 300 000 euros hors taxes — aurait servi à dissimuler un travail de lobbying en faveur du groupe Renault au sein du Parlement européen, activité formellement incompatible avec son mandat d'eurodéputée.

À la barre, l'attitude de la prévenue a contrasté avec son image de femme politique combative : elle a parlé vite et à voix basse en évoquant ses premiers contacts avec l'ex-PDG de Renault. Elle a retracé le contexte de leur accord : « Lorsque j'accouche en 2009, j'annonce au président de la République que je souhaite quitter la vie politique et donc avoir une activité qui ne dépende plus du tout de la politique. (…) S'en est suivi beaucoup de tensions. »

Rachida Dati a expliqué avoir informé Carlos Ghosn de sa future activité d'avocate. « Il m'a rappelée en me disant qu'il était intéressé avec une urgence sur le Maroc », a-t-elle précisé. La présidente du tribunal, Claire Saas, l'a rapidement interpellée sur la faiblesse des preuves matérielles de cette activité : « Selon l'accusation, il n'y a en procédure que des traces éparses d'activité de Mme Dati comme avocate. » La magistrate a ajouté que la plupart de ces traces « sont en lien avec le Parlement européen ».

Le parquet retient à charge trois questions parlementaires liées au secteur automobile ainsi que des prises de position favorables à Renault, résumées dans une note adressée à Carlos Ghosn en février 2013, à l'issue du contrat. Rachida Dati a qualifié ces interventions de « simple veille juridique », ajoutant qu'elle ne se rendait « pas au Parlement européen tant que ça », et qu'elle avait travaillé pour Renault-Nissan au Maroc et en Algérie.

L'ancienne ministre a également tenu à souligner la distance formelle qui la séparait de Ghosn : « Je n'avais aucun contact direct avec Carlos Ghosn, je ne l'ai jamais rencontré en tête-à-tête », a-t-elle déclaré, précisant que des tiers étaient toujours présents lors de leurs réunions.

Dans ce procès, Rachida Dati encourt dix ans d'emprisonnement pour corruption passive, une amende de 450 000 euros, et risque cinq ans d'inéligibilité — une peine qui mettrait fin à son mandat de maire du 7e arrondissement de Paris.

Source: TF1 Info

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