Dieudonné condamné pour la 35e fois : six mois de bracelet électronique et 5.000 € d'amende
Le polémiste Dieudonné M'Bala M'Bala a été condamné à six mois de détention à domicile sous bracelet électronique pour apologie du terrorisme et injure envers Laurent Nuñez.

35e condamnation pour Dieudonné : bracelet électronique pour apologie du terrorisme
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné jeudi le polémiste Dieudonné M'Bala M'Bala à six mois de prison sous forme de détention à domicile avec bracelet électronique, selon 20minutes.fr. Il s'agit de sa 35e condamnation.
Les juges ont également prononcé une amende de 5.000 euros, trois ans d'inéligibilité, ainsi que des dommages et intérêts de 1.000 euros à l'Organisation juive européenne et un euro symbolique au ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.
La première prévention porte sur une vidéo publiée sur X le 7 octobre 2024, jour du premier anniversaire de l'attaque du Hamas sur le sol israélien, qui avait causé la mort de plus de 1.200 personnes, en majorité des civils. Dans ce film de deux minutes, visionné un million de fois, Dieudonné — qui totalisait alors 34 condamnations — avait qualifié cette date de « merveilleuse, extraordinaire, féerique », avant de préciser qu'il évoquait l'anniversaire de sa fille, née un 7 octobre quinze ans plus tôt.
Les juges ont écarté cette explication, relevant une « instrumentalisation » et un « procédé rhétorique, construit sur un artifice », estimant que ce procédé « lui permet ainsi de présenter sous un jour très favorable les attaques terroristes du 7-Octobre ».
Une deuxième vidéo, publiée après l'incendie ayant visé la synagogue de La Grande-Motte (Hérault) en août 2024, a également été retenue contre lui. Dieudonné y suggérait que cet incendie pouvait être « une réponse à la haine et au racisme déversés sans retenue par certains juifs de France depuis le 7 octobre » — des propos qualifiés par le tribunal d'« apologie du terrorisme ».
Lors de l'audience du 17 juin, le polémiste s'était défendu en se présentant avant tout comme un artiste. « Je suis un humoriste. Je ne suis ni un homme politique, ni un intellectuel, ni un sociologue. Je fais rire les Français depuis près de quarante ans », avait-il déclaré. Son avocat avait plaidé un registre d'« humour noir ».
Dieudonné a par ailleurs été condamné pour injure publique envers Laurent Nuñez, alors préfet de police de Paris, à la suite d'un arrêté d'interdiction d'un de ses spectacles. Dans une vidéo au visage déformé par un filtre grotesque, il s'adressait à Nuñez en des termes jugés par le tribunal comme dépassant « les limites admissibles du droit à la liberté d'expression ».
Candidat à neuf reprises à diverses élections depuis près de trente ans, Dieudonné cumule ainsi une nouvelle condamnation à un casier judiciaire déjà particulièrement chargé.
Source: Google News LU FR