Gardien de prison condamné à un an ferme pour trafic de drogue à Eysses
Un surveillant pénitentiaire de 31 ans a été condamné par le tribunal d'Agen pour avoir introduit drogues et alcool en prison contre 20 000 euros.
Un an de prison ferme pour le surveillant d'Eysses qui faisait entrer drogues et alcool
Un surveillant pénitentiaire de 31 ans, employé comme gardien et moniteur de sport au centre de détention d'Eysses, en Lot-et-Garonne, a été condamné à un an de prison ferme assorti de deux ans avec sursis et d'une amende de 5 000 euros. Le tribunal correctionnel d'Agen a rendu son jugement jeudi 24 septembre. L'accusé est frappé d'une interdiction définitive d'exercer dans la fonction publique.
Selon sudouest.fr, le prévenu comparaissait pour remise irrégulière d'objets à des détenus et corruption passive. À la barre, il n'a pas nié les faits : il reconnaît avoir été payé pour introduire stupéfiants et alcool dans l'établissement.
Des transactions au gymnase, loin des caméras
Le gardien avait choisi le gymnase de la prison pour effectuer ses livraisons — « l'une des seules pièces qui n'a pas de caméra », a-t-il lui-même précisé devant le tribunal. La méthode était rodée : les stupéfiants étaient dissimulés dans des gourdes, l'alcool dans des bouteilles d'eau minérale en plastique. Les échanges avec fournisseurs et consommateurs passaient par Snapchat.
L'accusé affirme n'avoir jamais su précisément qui commandait ni qui réceptionnait les marchandises. « On venait m'apporter la drogue en main propre chez moi. À chaque fois, c'était une personne différente. Puis je déposais les produits au bureau du sport. Que quelqu'un venait récupérer. Il n'y avait pas de rencontre », a-t-il déclaré, face au scepticisme du tribunal. Il précise également n'avoir « jamais » fourni de cocaïne ni de téléphones.
20 000 euros encaissés en plusieurs mois
C'est une accumulation de signalements émis par des détenus auprès du chef d'établissement qui a permis d'identifier le surveillant. L'analyse de son téléphone a confirmé les soupçons des enquêteurs. De février à septembre 2025, le trentenaire a perçu au total 20 000 euros. Lors d'une perquisition, 11 000 euros en liquide ont été retrouvés à son domicile, ainsi que six plaquettes de résine de cannabis et trois téléphones portables sous cellophane.
Pour justifier ses actes, l'accusé a invoqué des difficultés financières : ses 2 100 euros nets mensuels ne lui suffisaient pas pour couvrir les allers-retours vers son fils, qui réside à quatre heures et demie de chez lui, ni les frais de logement et charges sur place. Le ministère public a relevé la contradiction avec l'achat d'un vélo électrique à 3 000 euros. La représentante du parquet a qualifié ces agissements, motivés par « l'appât du gain », d'« atteinte extrêmement grave à sa fonction », soulignant que le prévenu, en tant que membre du ministère de la Justice, contribuait ce faisant à « gangrener le travail des enquêteurs » et aurait pu mettre en danger le personnel du centre.
Un engrenage selon la défense
« Le mal est fait. Je regrette », a déclaré le gardien à la barre. Sa direction le connaissait pour ses absences injustifiées et plusieurs entretiens avaient eu lieu pour « divers manquements professionnels ». Son avocate, Me Agathe Bouchindhomme, a plaidé que les détenus avaient exploité ses fragilités psychologiques : « Cela a commencé par de petits actes anodins, puis c'est devenu de plus en plus gros. Il est entré dans un engrenage. » Elle a également fait valoir que son client n'était pas le seul surveillant impliqué dans des trafics au sein de l'établissement, et qu'il se taisait par crainte de représailles.
Source: Google News FR — Crime (fr)