Meurtre d'une femme de 71 ans à Saint-Sébastien-de-Morsent : un homme de 23 ans mis en cause
Une septuagénaire a été assassinée, violée et son domicile incendié dans l'Eure le 20 août. Un habitant de la commune, 23 ans, a été interpellé quatre jours plus tard.

Féminicide dans l'Eure : un suspect arrêté après meurtre, viol et incendie criminel
Selon Google News FR — Crime (fr), un drame d'une extrême violence s'est produit le jeudi 20 août 2026, aux alentours de 20h50, au 22 rue René Cassin à Saint-Sébastien-de-Morsent, commune de l'Eure située en périphérie d'Évreux. Des voisins, alertés par un incendie dans une habitation, ont pénétré par l'arrière de la maison et découvert le corps inanimé d'une femme de 71 ans, retrouvée dans sa salle à manger, avant de la transporter dans le jardin.
La victime présentait des hématomes, le visage tuméfié et ensanglanté, ainsi qu'un foulard noué autour du cou. Les secours ont tenté de la réanimer sur place avant de la transférer à l'hôpital d'Évreux, où elle est décédée peu avant 23 heures le soir même.
Une enquête de flagrance menée conjointement par Rouen et Évreux
Le magistrat de permanence du parquet d'Évreux a ordonné l'ouverture d'une enquête de flagrance, confiée conjointement à la section de recherches de gendarmerie de Rouen et à la brigade de recherches de gendarmerie d'Évreux. À la suite du décès de la victime, la qualification retenue est passée à celle d'homicide.
Le procureur de la République d'Évreux, Rémi Coutin, a pris la parole ce vendredi pour qualifier les faits de « grande gravité » et remercier les enquêteurs pour la rapidité de la résolution de l'affaire.
Un individu signalé par les riverains dès le soir des faits
Des habitants de la rue René Cassin avaient signalé aux gendarmes la présence d'un homme au comportement inhabituel entre 19h30 et 20h le soir même. Selon le procureur Coutin, cet individu avait été vu « faire des allers et retours dans la rue, puis toquer à certaines portes et regarder dans les jardins, avant d'être aperçu en train de discuter avec la victime aux environs de 20h ».
Les investigations téléphoniques ont établi que le portable du suspect avait borné toute la journée du 20 août sur des relais situés à Saint-Sébastien-de-Morsent. Par ailleurs, la carte bancaire de la victime avait été utilisée à 20h52 dans la même commune pour trois tentatives infructueuses de retrait d'espèces.
Les caméras de vidéosurveillance n'ont pas permis d'identifier formellement le suspect, mais les enquêteurs ont établi un lien avec une trottinette qu'il utilisait sur les images. Cet engin, volé quelques jours auparavant, a été retrouvé partiellement incendié vers 23 heures le soir des faits. Son propriétaire a rapidement reconnu le suspect. À proximité de la trottinette carbonisée, les gendarmes ont également découvert un carnet de chèques vacances vide au nom de la mère du mis en cause, ainsi que des restes de vêtements.
Interpellation le 24 août, résultats ADN décisifs
Le suspect, décrit par le procureur comme « un individu âgé de 23 ans, né à Évreux, sans profession, domicilié à Saint-Sébastien-de-Morsent, défavorablement connu de la justice », a été interpellé le lundi 24 août au matin à son domicile. Il a été placé en garde à vue pour « vol avec violences ayant entraîné la mort et dégradation du bien d'autrui par un moyen dangereux pour les personnes ».
Dans un premier temps, l'homme a contesté toute implication dans le meurtre. Le 25 août, le laboratoire d'expertises génétiques a néanmoins indiqué que « les caractéristiques de son profil étaient compatibles avec le profil génétique masculin mis en évidence sur plusieurs prélèvements effectués dans la maison de la victime », selon les termes du procureur Coutin. Face à ces éléments, le mis en cause a seulement concédé qu'il « n'aurait pas dû se trouver à Saint-Sébastien-de-Morsent à cette période ».
Cette présence dans la commune constituait en elle-même une infraction : l'homme était sous le coup d'une interdiction de paraître sur ce territoire, prononcée dans le cadre d'une condamnation rendue le 23 septembre 2022 par la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Rouen — soit « cinq ans d'emprisonnement des chefs d'agression sexuelle imposée à une personne vulnérable et vol dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt ».
Son casier judiciaire recense cinq condamnations prononcées entre 2020 et 2022, d'abord par le tribunal pour enfants d'Évreux, puis par le tribunal correctionnel d'Évreux, pour des faits de « violences sur mineur, violences par conjoint, infractions à la législation sur les stupéfiants, outrage à personne dépositaire de l'autorité publique ou conduite d'un véhicule sans permis ».
Autopsie : traumatisme crânien et violences sexuelles
L'autopsie pratiquée le 24 août à l'institut médico-légal de Rouen a établi que le décès résultait d'un « traumatisme crânien, lui-même consécutif à de multiples chutes ou chocs contre un plan dur, un objet contondant ou une arme naturelle ». L'examen a également révélé des lésions génitales faisant suspecter « des violences à caractère sexuel de type pénétration vaginale ».
L'expert en incendie mandaté par les enquêteurs a conclu à une « intervention humaine directe et délibérée » concernant le départ de feu.
Information judiciaire ouverte pour homicide volontaire
Le mis en cause a été déféré au parquet d'Évreux le mercredi 26 août. Une information judiciaire a été ouverte à son encontre des chefs « d'homicide volontaire concomitant ou lié » — la qualification exacte n'ayant pas été intégralement transmise dans les éléments disponibles — ainsi que pour viol et incendie criminel.
Source: Google News FR — Crime (fr)