Mort d'un homme de 27 ans à Chambéry, nuit de violences urbaines en Savoie
Un homme de 27 ans est décédé mardi 8 septembre à Chambéry après avoir été retrouvé blessé par balle. Des violences urbaines ont éclaté dans plusieurs quartiers de la ville.

Chambéry secoué par une nuit d'émeutes après la mort d'un conducteur blessé par balle
Un homme de 27 ans est décédé dans l'après-midi du mardi 8 septembre à Chambéry, quelques heures après avoir été retrouvé grièvement blessé à la tête au volant de son véhicule, rapporte ladepeche.fr. Dans la foulée, d'importantes violences urbaines ont éclaté dans plusieurs quartiers de la préfecture de la Savoie, une ville habituellement épargnée par ce type d'incidents.
Un conducteur blessé par balle, découvert en zigzaguant
Selon une source policière citée par l'AFP, des forces de l'ordre ont remarqué un véhicule qui zigzaguait à faible allure dans le quartier du Biollay. À l'approche du contrôle, elles ont découvert que le conducteur était blessé par balle à la tête, au milieu d'une importante flaque de sang. Son pronostic vital était engagé au moment de sa prise en charge par les secours.
La préfecture a précisé dans un communiqué que les violences "se sont déclenchées quelques heures après la prise en compte, par les effectifs de la police nationale, d'un chauffeur ayant adopté une conduite dangereuse et ayant pu commettre un refus d'obtempérer, qui s'est terminé dans le quartier du Biollay". L'homme, né en 1999, a été hospitalisé au CHU de Chambéry, où il est décédé dans l'après-midi. Le maire de la ville a confirmé son décès.
Selon les informations du Dauphiné Libéré, la victime pourrait être défavorablement connue de la justice pour divers délits.
La confusion sur les réseaux sociaux, moteur des débordements
Une source proche du dossier a indiqué à l'AFP qu'une confusion s'était rapidement propagée quant à l'implication éventuelle de la police dans la blessure du conducteur. "Il y a sans doute eu une confusion sur l'implication éventuelle de la police dans la blessure du jeune et très vite c'est parti comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux", a-t-elle précisé.
Ces rumeurs ont déclenché plusieurs heures d'incidents dans les quartiers du Biollay, de Chambéry-le-Haut et dans la commune limitrophe de Cognin. Selon les autorités, "plusieurs dizaines d'individus déterminés" ont mis ou tenté de mettre le feu à des véhicules, des poubelles, des bâtiments privés et des édifices publics, tout en dégradant plusieurs commerces.
Des dégâts matériels importants
La mairie a recensé des destructions significatives. Le centre social du Biollay, déjà largement incendié lors des émeutes de 2023, a été totalement détruit par les flammes. Une agence du bailleur social Cristal Habitat a été "dévastée" et un supermarché vandalisé. Six véhicules ont par ailleurs été incendiés dans ces quartiers, classés en politique de la ville mais décrits comme traditionnellement calmes.
L'IGPN saisie, la piste accidentelle étudiée
Le parquet de Chambéry a ouvert une enquête pour déterminer les causes des blessures. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a également été saisie "afin de déterminer l'origine de ces blessures, pour lesquelles pour l'heure il ne peut être fait aucun lien avec l'action police engagée dans le cadre du contrôle routier", selon la préfecture.
Le procureur de la République de Chambéry, Xavier Sicot, a apporté plusieurs précisions lors d'une première communication. "Il ressortirait qu'aucun choc n'a été observé sur le véhicule de la victime, ni sur celui de la police nationale", a-t-il indiqué. Les constatations de la police technique et scientifique n'ont par ailleurs relevé aucun élément correspondant à l'impact de projectiles balistiques provenant de l'extérieur sur le véhicule.
Sicot a également ajouté que les vérifications immédiates menées sur les armes de service des policiers intervenus "démontraient que ces dernières n'avaient pas été utilisées, puisqu'aucune munition ne manquait". Selon BFMTV, les enquêteurs privilégient désormais la piste d'un "geste auto-agressif ou accidentel". Une autopsie est prévue ce mercredi 9 septembre pour établir les causes exactes du décès.
Source: Google News LU FR