Outrage envers des policiers à Marseille : le député LFI Delogu convoqué en justice

Sébastien Delogu a été placé en garde à vue plus de huit heures après une altercation avec trois policiers dans son immeuble marseillais. Convoqué au tribunal le 13 novembre, il a aussi déposé plainte contre X.

Outrage envers des policiers à Marseille : le député LFI Delogu convoqué en justice

Le député LFI Delogu face à la justice après une altercation avec des policiers à Marseille

Selon France Info, le député La France insoumise de Marseille, Sébastien Delogu, est convoqué devant le tribunal correctionnel de Marseille le 13 novembre pour des faits d'"outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique". Il avait été placé en garde à vue pendant plus de huit heures le jeudi 27 août avant d'être remis en liberté.

Le parquet de Marseille a confirmé le placement en garde à vue du parlementaire "dans le cadre de l'enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique". Le recours à la procédure de flagrance dispense les magistrats de solliciter une levée d'immunité parlementaire.

Une altercation dans l'immeuble du député

Les faits remontent au lundi précédent, vers 15h15. Trois policiers en civil, à la recherche d'un homme soupçonné de vol de montre, ont tenté de pénétrer dans l'immeuble où réside Delogu. Le député les a croisés alors qu'il rentrait chez lui. Affirmant que les agents ne s'étaient pas identifiés, il a refusé de les laisser entrer.

La situation a dégénéré quelques instants plus tard sur le palier du député, dont l'appartement se situe en face de celui de l'homme recherché. Sébastien Delogu a transmis aux médias des enregistrements vidéo partiels de l'incident, dans lesquels il demande aux policiers de montrer leur "plaque". Sur l'une des vidéos, relayée notamment par L'Humanité, un fonctionnaire est visible en train de fermer la porte sur le député en le traitant de "trou du cul".

Versions contradictoires

Le député a confié à l'AFP : "Une personne en habit civil que je ne connais pas m'intime de laisser la porte ouverte. Je ne connais pas la personne, je ne lui fais pas confiance car on m'a déjà menacé, donc je refuse de la laisser ouverte." Il affirme également qu'un agent lui a lancé "tu pues de la gueule" et lui a porté "un coup sur la poitrine".

Son avocat, Yonès Taguelmint, a déclaré à RMC : "Monsieur Delogu est régulièrement menacé. C'est normal qu'il s'inquiète de voir trois personnes extérieures à sa résidence vouloir y pénétrer."

De leur côté, les policiers soutiennent que le député s'est opposé "physiquement" à leur entrée dans l'immeuble et les a traités de "bande de fatigués" ou, pour l'un d'eux, de "trou du cul". "Il avait bien identifié que nous étions des fonctionnaires de police", précisent les agents dans le rapport d'intervention consulté par RMC.

Soupçon d'entrave à l'enquête

Les fonctionnaires affirment avoir eu, plus tôt dans la journée, un contact téléphonique avec le parlementaire. Selon leurs déclarations, Delogu aurait ensuite avoué aux policiers avoir prévenu le suspect que la police le recherchait — ce qu'un des agents qualifie d'"entrave à une enquête de police".

L'altercation a cependant eu un dénouement inattendu : le député "a tellement hurlé que le mis en cause a ouvert la porte de son appartement et nous a invités à entrer chez lui", a déclaré l'un des policiers lors de son audition. Le suspect a ensuite été interpellé sans difficulté.

Plaintes croisées et réaction du ministre

À la suite de l'incident, les trois agents ont déposé plainte contre Sébastien Delogu. En retour, le député a porté plainte contre X pour injures et violences physiques.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a réagi sur le réseau social X en apportant son "soutien aux forces de l'ordre", tout en soulignant que l'enquête devait déterminer les circonstances exactes de l'altercation.

Source: France Info

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