Père condamné à six mois ferme pour menaces de décapitation contre une enseignante près de Toulouse

Un père de famille a menacé de décapitation une institutrice au Fauga, en Haute-Garonne. Condamné en comparution immédiate, il a été incarcéré jeudi soir.

Père condamné à six mois ferme pour menaces de décapitation contre une enseignante près de Toulouse

Six mois de prison ferme après des menaces de mort contre une maîtresse au Fauga

Un père de famille a été condamné jeudi soir à six mois de prison ferme en comparution immédiate, après avoir menacé de décapitation une institutrice du groupe scolaire Clément Ader, au Fauga, commune de 2 600 habitants au sud de Toulouse, rapporte huffingtonpost.fr. L'homme a été incarcéré à l'issue de l'audience.

Les faits remontent au vendredi 4 septembre, à la sortie des classes. Le père, convoqué ce jour-là par la direction de l'établissement en raison du comportement de son fils de 9 ans — déplacé dans une autre classe — a pris à partie une enseignante sur le parking. L'enfant avait été interpellé par la maîtresse, qui lui avait dit d'éviter « de jouer au caïd » en le voyant sourire après les cours. Ces mots ont visiblement mis le père hors de lui.

L'altercation ne s'est pas arrêtée sur le parking : le père est ensuite rentré dans l'établissement, où il a poursuivi ses menaces, notamment devant la directrice.

Réaction du ministre de l'Éducation nationale

« Une professeure a été menacée de manière inadmissible », a dénoncé le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray sur le réseau social X, ce jeudi 10 septembre. « Les faits rapportés sont d'une extrême gravité », a-t-il ajouté, apportant son soutien à l'enseignante, à ses collègues, aux élèves et à leurs familles.

Geffray a précisé que la protection fonctionnelle avait été accordée à la victime, et a rappelé : « Aucun professeur ne doit avoir peur d'exercer son métier. S'en prendre à l'un d'entre eux, c'est s'en prendre à l'institution tout entière. »

Le recteur de l'académie de Toulouse a également condamné « avec la plus grande fermeté ces faits particulièrement graves » dans un communiqué transmis à la presse locale, soulignant que « les professeurs doivent pouvoir exercer leur mission sans peur » et que « la menace et l'intimidation ne peuvent en aucun cas être tolérées ».

Droit de retrait et soutien à l'enseignante

Les professeurs du groupe scolaire avaient exercé leur droit de retrait dès le lundi suivant les faits. Un courrier de soutien a été rédigé par plusieurs parents d'élèves, et une cellule psychologique a été mise en place.

« On veut retrouver de la sérénité, c'est dur à porter », a déclaré Isabel Bagneris, première adjointe en charge des affaires scolaires de la commune, auprès d'Actu Toulouse. « On soutient l'enseignante, que l'on connaît depuis des années et qui est très bien. Elle est anéantie », a-t-elle complété.

À l'audience, des excuses « trop tardives »

Devant le tribunal, le prévenu, père de trois enfants, a présenté ses excuses d'une voix faible, affirmant n'avoir « pas mesuré la gravité » de ses propos. Se décrivant comme « très, très protecteur » de ses enfants, il a ajouté : « Je ne suis pas quelqu'un de violent à la base, je ne sais pas ce qui m'est arrivé ce jour-là. »

La procureure de la République avait requis six mois sous bracelet électronique, assortis de l'obligation — jugée « absolument indispensable » — d'effectuer un stage de citoyenneté dans les six mois, sous peine d'un emprisonnement complémentaire de trois mois. Des interdictions de trois ans de contacter la victime ou de se présenter devant l'établissement avaient également été demandées.

Le tribunal a finalement prononcé une peine plus sévère : six mois de prison ferme, auxquels s'ajoutent les peines complémentaires requises par le parquet. Le prévenu a été incarcéré immédiatement à l'issue de l'audience.

Source: Google News LU FR

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