Plainte pour viols contre l'ex-directeur des Chartreux à Lyon, le père Plessy conteste

Une jeune femme de 18 ans a déposé plainte pour viols et agressions sexuelles aggravés contre Jean-Bernard Plessy, ancien directeur de l'Institution des Chartreux à Lyon.

Plainte pour viols contre l'ex-directeur des Chartreux à Lyon, le père Plessy conteste

Affaire Plessy : une plainte pour viols déposée contre l'ex-directeur du groupe scolaire des Chartreux

Une jeune femme de 18 ans a déposé plainte le 10 septembre pour viols et agressions sexuelles aggravés contre Jean-Bernard Plessy, 63 ans, ancien directeur de l'Institution des Chartreux à Lyon, rapporte leprogres.fr. Le dépôt de plainte intervient deux mois après la démission forcée de ce prêtre, qui dirigeait depuis 25 ans l'un des plus prestigieux groupes scolaires catholiques privés de la région.

Selon les informations du journal, la plaignante était mineure lors de ses premiers contacts avec l'abbé Plessy, à l'automne 2025, et « tout juste majeure au début des faits » visés par la plainte. Ces faits « se seraient poursuivis plusieurs mois, jusqu'en juillet 2026 », précise Me Nadia Debbache, avocate au barreau de Lyon représentant la plaignante.

La qualification de viols et agressions sexuelles aggravés peut être retenue « en raison des fonctions d'autorité exercées par le père Plessy et des éléments de vulnérabilité tenant à la victime », estime Me Debbache. Elle ajoute que « des pressions exercées sur la victime poussent également à étudier une qualification pour tentative d'entrave à la justice ».

Jean-Bernard Plessy est présumé innocent. Son avocat, Me Thibault Ginoux, du barreau de Paris, contacté le vendredi 11 septembre, indique que l'abbé Plessy « conteste fermement les accusations qui lui sont faites » et souhaite « coopérer pleinement à l'enquête en vue de la manifestation de la vérité ».

Une démission présentée comme liée à la fatigue

Directeur de l'institution depuis 25 ans, Plessy avait transmis le 9 juillet une lettre surprise aux personnels et aux parents d'élèves, justifiant son départ par une fatigue physique et mentale. La direction de l'établissement affirme n'avoir appris « le 31 août la raison réelle du départ du père Plessy ». « Cela nous a surpris, mais nous avions également vu qu'il était très fatigué », déclare un porte-parole des Chartreux.

C'est une enseignante qui avait effectué en juin un signalement au procureur et au diocèse. Le parquet a ouvert une enquête.

Vives critiques envers le diocèse de Lyon

La plaignante et son avocate contestent la communication du diocèse, qui avait évoqué le 2 septembre une « relation » entre l'ancien directeur et une jeune femme étudiante au sein des Chartreux. Me Debbache signale que « le diocèse de Lyon n'a répondu à aucune des deux demandes de rectification » formulées par la défense.

Interrogé par leprogres.fr le 8 septembre, l'archevêque Mgr Olivier de Germay avait qualifié l'affaire de « dramatique pour cette jeune femme, qui a subi un traumatisme » et reconnu que le diocèse avait recueilli un témoignage faisant état de « faits plus graves que ce que l'on pensait au départ ». Le choix du terme « relation » s'expliquait, selon lui, par le fait qu'il « reviendra à la justice de qualifier les faits ». Mgr de Germay a par ailleurs ouvert une enquête canonique à l'encontre du père Plessy.

Sollicité, le diocèse de Lyon affirme désormais « exprimer tout son soutien » à la plaignante. Son représentant justifie l'emploi du terme « relation » en indiquant avoir repris « le terme utilisé par la jeune femme elle-même », avant d'ajouter : « Il est donc évident pour le diocèse de Lyon que cette jeune femme est victime de ce prêtre. » Les autorités diocésaines précisent avoir saisi la justice dès le 6 juillet et invitent « toute personne qui aurait des informations supplémentaires en lien avec cette affaire à contacter le procureur de la République ».

L'institution assure ne pas vouloir « étouffer l'affaire »

Au sein des Chartreux, un porte-parole martèle : « Nous n'avons en rien l'intention d'étouffer l'affaire. » Interrogé sur l'absence de soutien psychologique apporté à la jeune femme, décrite comme en situation personnelle fragilisée à l'automne 2025, l'institution reconnaît que les « canaux habituels n'ont pas fonctionné normalement ».

Depuis, une ligne téléphonique ouverte à l'ensemble de la communauté éducative, y compris aux anciens élèves, a été mise en place. Le porte-parole assure que les parents ayant contacté l'établissement « font la part des choses » et « gardent leur confiance en l'institution ».

La cellule d'écoute du diocèse avait été alertée par la plaignante en juin 2026, avant de procéder à un signalement auprès du parquet, qui a ouvert une enquête préliminaire.

Source: Google News LU FR