Six mois ferme pour avoir menacé de décapitation une institutrice en Haute-Garonne

Un père d'élève a été condamné jeudi à six mois de prison ferme pour avoir menacé de décapitation une enseignante de l'école du Fauga, près de Toulouse.

Parent d'élève condamné pour menaces de mort contre une institutrice du Fauga

Un père d'élève né en 1979 à Toulouse a été condamné jeudi 10 septembre à six mois de prison ferme avec mandat de dépôt pour avoir menacé de décapitation une institutrice de l'école du Fauga, en Haute-Garonne, rapporte BFM TV. Il a été immédiatement incarcéré à la prison de Seysses.

La condamnation comprend également une interdiction d'approcher l'établissement scolaire et l'enseignante pendant trois ans, une interdiction de port d'arme pendant un an, ainsi que l'obligation de suivre un stage de citoyenneté et de verser un euro symbolique à la victime.

La procureure de la République avait requis une peine de six mois de bracelet électronique, assortie d'une interdiction de contact avec la victime et d'interdiction de paraître devant l'école pendant trois ans. Le tribunal a retenu une peine d'emprisonnement ferme, plus sévère que les réquisitions du parquet.

Les faits remontent au vendredi 4 septembre. À la sortie de l'école, le père d'un élève de CM2 avait interpellé l'institutrice sur le parking. Il lui reprochait d'avoir "terrorisé son fils" en le traitant de "caïd" — l'enfant avait été envoyé en punition dans sa classe après que l'enseignante lui aurait dit "arrête de jouer au petit caïd".

Selon les éléments retenus lors de l'audience, le père aurait menacé une première fois l'enseignante de "lui couper la tête" sur le parking — des faits qu'il a niés. L'institutrice s'est alors réfugiée à l'intérieur de l'école. Le père et son épouse l'ont suivie jusqu'au hall, puis dans le bureau de la directrice. Au moins deux témoins, une Atsem et la directrice, auraient entendu le père déclarer "je vais te couper la tête".

Lors de l'audience, le prévenu n'a pas trouvé "de mots pour expliquer" son comportement. Il a précisé qu'au moment où la directrice avait ouvert la porte, la tension avait monté et qu'il avait "pété un plomb", ajoutant : "À ce moment-là, j'ai dit 'si tu étais un homme je te couperais la tête'." Il a affirmé comprendre la peur de l'institutrice, tout en précisant qu'il ne le souhaitait "pas forcément".

Déjà condamné à cinq reprises, notamment pour des infractions routières, le père a répété à plusieurs reprises être "sincèrement désolé de la situation" et avoir assuré ne pas être "quelqu'un de violent à la base".

Dans son réquisitoire, la procureure a estimé que le prévenu minimisait les faits et a évoqué le souvenir de Samuel Paty, l'enseignant décapité par un terroriste en 2020 dans les Yvelines.

L'avocat de la victime, Me Momasso-Momasso, a indiqué que l'institutrice "a déménagé et est en arrêt maladie", "traumatisée" par les événements. "Elle s'est vue mourir ce soir-là", a-t-il déclaré. "Elle n'a pas signé pour qu'on lui dise un jour qu'on va lui couper la tête."

Source: BFM TV

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