Réseau de passeurs syriens dans les Vosges : 8 ans de prison et 400 000 € d'amende

Un Spinalien d'origine syrienne a été condamné à 8 ans de prison pour avoir dirigé un réseau de trafic de migrants via l'Amérique du Sud.

Réseau de passeurs syriens dans les Vosges : 8 ans de prison et 400 000 € d'amende

Trafic de migrants via la Guyane : le chef du réseau condamné à Épinal

Un habitant d'Épinal d'origine syrienne, âgé de 36 ans, a été condamné jeudi 3 septembre 2026 à 8 ans de prison par le tribunal correctionnel d'Épinal, selon ce que rapporte Google News FR — Crime (fr). Il a été reconnu coupable d'avoir dirigé un réseau de passeurs de migrants syriens acheminés vers la France via l'Amérique du Sud. Le tribunal a également prononcé à son encontre une amende de 400 000 euros et une interdiction définitive du territoire français.

La présidente du tribunal a suivi les réquisitions du procureur en intégralité.

Une filière passant par la Turquie, le Venezuela et le Brésil

Selon l'enquête, le réseau faisait voyager des migrants syriens depuis leur pays d'origine jusqu'en Guyane française, en transitant par la Turquie, le Venezuela et le Brésil. Une fois arrivés à Cayenne, les migrants déposaient une demande d'asile avant de rejoindre la France métropolitaine, où ils s'installaient le plus souvent dans la région Grand Est.

Le coût du trajet était compris entre 800 et 1 000 dollars, soit en moyenne 777 euros. Les prestations auraient été proposées via des vidéos diffusées sur WhatsApp, sous couvert de la société « La Sultana Tours », dont le condamné était le gérant. Les flux financiers empruntaient également la voie brésilienne, selon les enquêteurs, ce qui a conduit le parquet d'Épinal à formuler une demande d'enquête pénale internationale, reçue par les autorités brésiliennes.

L'OLTIM de Metz au cœur de l'enquête

L'enquête avait été déclenchée après qu'une note de renseignement de la Direction de la coopération internationale de sécurité avait informé l'Office de lutte contre le trafic illégal de migrants (OLTIM) de Metz de l'existence de cette filière. Le procureur de la République d'Épinal, Frédéric Nahon, avait précisé dans un communiqué que le dirigeant présumé, de nationalité syrienne, était domicilié à Épinal.

L'homme avait été placé en garde à vue le 29 juin 2026. Plusieurs dizaines de migrants avaient été entendus par les enquêteurs, aussi bien dans les locaux de l'OLTIM de Metz qu'en Guyane, et avaient confirmé les investigations menées. Au total, entre 400 et 600 migrants syriens auraient bénéficié de ce réseau entre 2021 et 2025.

Il était poursuivi pour aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France en bande organisée, ainsi que pour détention frauduleuse de faux documents administratifs.

La défense conteste la qualification de chef de réseau

À l'audience, le condamné a reconnu une partie des faits, mais a contesté la qualification de chef de réseau. Son avocat, Elliot Bersegol, a vivement critiqué la sévérité de la peine. « C'est une peine très sévère, une peine très lourde qu'on a l'habitude de voir dans des dossiers qui n'ont absolument rien à voir avec celui qui a été jugé aujourd'hui, des dossiers dans lesquels les infractions qui sont poursuivies sont différentes, beaucoup plus graves, des dossiers dans lesquels on compte des morts par dizaines », a-t-il déclaré.

L'avocat a également contesté la présentation de son client comme passeur au sens habituel du terme. « Aujourd'hui on a affaire à un passeur, et je conteste cette étiquette, qui se sentait responsable et qui a pu dire que ces Syriens étaient les siens. Il se sentait responsable et il tenait à ce que tout se passe dans les meilleures conditions possibles et tout s'est toujours bien passé », a-t-il poursuivi.

Source: Google News FR — Crime (fr)

Read this article in English