Meurtre de Yohann Equinoxe : dix ans après, la violence chez les jeunes persiste en Guadeloupe
Il y a dix ans, l'adolescent de 15 ans Yohann Equinoxe était tué de sept coups de couteau aux Abymes. Une décennie plus tard, les violences juvéniles n'ont pas reculé.

Dix ans après la mort de Yohann Equinoxe, la violence frappe toujours la jeunesse guadeloupéenne
Selon rci.fm, il y a exactement dix ans, Yohann Equinoxe, 15 ans, était poignardé à sept reprises à la sortie du lycée professionnel Chevalier de Saint-Georges, à Lacroix aux Abymes. Le jeune Saint-Franciscain attendait le bus lorsqu'il a été agressé pour son téléphone portable. Touché au cou et au thorax, il n'a pas survécu à ses blessures.
Un meurtrier du même âge, condamné à 14 ans de prison
L'auteur des faits, âgé lui aussi de 15 ans au moment du crime, avait pris la fuite immédiatement après l'agression. Identifié dans les heures suivantes, il a été arrêté par la police judiciaire au domicile de l'une de ses sœurs à Saint-François, où il s'était réfugié. Après plusieurs recours — dont un appel du parquet — et un troisième jugement tenu en Martinique, il purge aujourd'hui une peine de 14 années d'emprisonnement.
Les habitants témoignent d'une violence qui s'est transformée
Une décennie plus tard, les résidents de Guadeloupe constatent que la situation ne s'est pas améliorée. L'un d'eux, interrogé par rci.fm, décrit une évolution inquiétante des pratiques : « C'est des violences gratuites, presque inutiles. À l'époque, quand il y avait une bagarre, c'était un contre un, et puis c'était terminé. Maintenant, celui qui a un contentieux avec un autre, il faut qu'il aille chercher trois, quatre, cinq personnes pour s'en prendre à une seule. »
Le même témoin évoque la différence générationnelle avec amertume : « Si tu avais un contentieux avec quelqu'un, tu allais à la fin de la classe, et le lendemain tu étais même le meilleur copain de l'autre. Moi, je ne comprends pas ce genre de choses. Du tout, du tout. »
Des tirs devant un lycée la semaine dernière
Les faits récents confirment cette tendance. La semaine dernière, des coups de feu ont été tirés devant le lycée Jardin d'Essai, également aux Abymes. Ces tirs sont survenus lors d'une bagarre opposant un élève à des individus extérieurs à l'établissement scolaire.
Cet incident illustre un phénomène que rci.fm qualifie de « récurrent » : l'usage d'armes à feu par des auteurs de plus en plus jeunes sur le territoire guadeloupéen. La présence d'armes au sein des réseaux criminels demeure, selon les observateurs locaux, un enjeu majeur de sécurité publique dans l'archipel.
Le meurtre de Yohann Equinoxe avait marqué un électrochoc dans la société guadeloupéenne. Dix ans après, son souvenir reste gravé dans les mémoires, tandis que la question de la violence juvénile n'a toujours pas trouvé de réponse durable.
Source: Google News GP — Crime