Fès : le parquet rouvre l'enquête sur une plainte de chantage électoral datant de 2021
Le Parquet général de la Cour d'appel de Fès relance l'enquête sur des allégations de chantage lors de la campagne électorale de 2021, après une conférence de presse d'un avocat de la défense.

Fès : le parquet relance l'enquête sur des allégations de chantage électoral
Le Procureur général du Roi près la Cour d'appel de Fès a annoncé samedi que le Parquet général entend poursuivre l'enquête sur une plainte déposée par un détenu faisant état de chantage et de menaces d'emprisonnement subis durant la campagne électorale de 2021, selon lesiteinfo.com.
Dans un communiqué, le Procureur général du Roi précise que la décision de relancer l'enquête fait suite à une conférence de presse organisée par l'un des avocats au Barreau de Fès. Lors de cette conférence, la défense a exposé des détails relatifs à la plainte de son client — actuellement incarcéré — qui ne figuraient pas dans le dépôt initial.
Une plainte déposée en juin 2025
Le détenu, alors emprisonné à la prison locale de Ras El Ma, avait transmis le 23 juin 2025, par l'intermédiaire de son premier avocat, une plainte contre plusieurs personnes. Il alléguait avoir été victime de chantage et de menaces d'emprisonnement pendant la campagne électorale de 2021.
En réponse à cette plainte, le Parquet général avait ouvert une enquête et dépêché à trois reprises un substitut du Procureur général dans l'établissement pénitentiaire afin de recueillir la déposition du plaignant. Les trois tentatives se sont soldées par un échec : le 8 août 2025, le détenu a invoqué un état de fatigue pour refuser toute déclaration ; le 11 août, il a motivé son refus par des raisons de santé et par l'absence de consultation préalable avec sa défense ; le 17 août, il a déclaré s'abstenir de toute déclaration en raison de son entrée en grève de la faim.
Classement provisoire, puis réactivation
Face au refus persistant du plaignant de fournir des éléments ou des précisions à l'appui de ses allégations, et en l'absence de preuves corroborant la plainte, le Parquet général a décidé, le 29 août 2025, de procéder au classement provisoire du dossier. Un avis de cette décision a été adressé au plaignant, qui en a refusé la réception.
Le 14 juillet 2026, la défense a introduit auprès du Parquet général une requête visant la levée du classement provisoire et la réactivation de la procédure. Après examen, il est apparu que cette requête ne contenait aucun élément nouveau susceptible de justifier un déclassement, notamment aucun moyen de preuve supplémentaire. Le Parquet a donc décidé de maintenir la décision de classement et d'en informer le plaignant.
Des détails inédits révélés en conférence de presse
C'est finalement la conférence de presse organisée par l'avocat qui a conduit le Parquet à réviser sa position. Des éléments exposés publiquement par la défense et absents de la plainte initiale ont attiré l'attention du Procureur général. Dans l'exercice de ses prérogatives, ce dernier a annoncé vouloir poursuivre l'enquête et en tirer les conséquences juridiques nécessaires.
Le communiqué soulève par ailleurs plusieurs interrogations sur la démarche du plaignant, qui a multiplié les refus de coopérer avec les représentants du parquet lors de leurs déplacements en prison, tout en dénonçant publiquement l'absence d'enquête.
Source: Google News MA