Bakkali vers une libération conditionnelle en Belgique : les victimes du 13-Novembre s'indignent
Mohamed Bakkali, condamné à 30 ans pour son rôle dans les attentats de Paris, purge sa peine en Belgique. Une audience est prévue le 29 septembre à Bruxelles pour examiner sa libération conditionnelle.
Audience le 29 septembre à Bruxelles pour le logisticien des attentats du 13-Novembre
Selon rtl.be, une audience est programmée le 29 septembre devant le tribunal d'application des peines de Bruxelles pour examiner les demandes de libération conditionnelle de Mohamed Bakkali. Condamné en juin 2022 à Paris à 30 ans de réclusion pour son rôle de logisticien dans les attentats du 13 novembre 2015, Bakkali purge actuellement sa peine en Belgique — une situation qui suscite l'incompréhension et la colère des victimes françaises.
L'avocat pénaliste Guillaume Lys rappelle que ce retour en Belgique n'a rien d'imprévu. Lors de l'arrestation de Bakkali sur le territoire belge, celui-ci avait été remis à la France dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen assorti d'une clause de retour : « lorsqu'il avait été arrêté ici en Belgique dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen, il avait été remis à la France avec ce qu'on appelle une clause de retour ». Cette mécanique, souligne-t-il, était connue de toutes les autorités dès le départ.
Le décalage perçu entre la peine prononcée en France et les modalités d'exécution en Belgique s'explique, selon Lys, moins par la nature terroriste du dossier que par le manque d'harmonisation entre les systèmes pénaux des deux pays.
L'avocat, qui a lui-même représenté des parties civiles lors du procès des attentats de Bruxelles, dit comprendre la colère des familles, mais invite à distinguer une demande de libération conditionnelle de son aboutissement : « le fait de demander une libération conditionnelle, ce n'est pas non plus l'obtenir ». Il précise par ailleurs que la procédure devant le tribunal d'application des peines offre une voie d'expression aux victimes, y compris françaises.
Lys détaille également les étapes qui précèdent une éventuelle libération conditionnelle : permissions de sortie, congé pénitentiaire et surveillance électronique constituent autant de paliers avant toute mise en liberté effective. Il pointe toutefois les moyens limités dont dispose la justice pour contrôler le respect des conditions imposées une fois la peine aménagée : « Le monde de la justice est actuellement sous-financé (...) on sait qu'il n'y a pas non plus de marquage individuel ».
Source: Google News BE FR