Sabotage du réseau électrique en Allemagne : un militant climatique de 48 ans en fuite
Un activiste climatique en fuite est suspecté d'avoir saboté plusieurs installations électriques dans l'ouest de l'Allemagne. Des lettres de revendication et des substances suspectes ont été retrouvées à son domicile.

Militant climatique suspecté de sabotages sur le réseau électrique allemand
Un homme de 48 ans, identifié par les médias allemands comme Daniel V., est activement recherché par la police allemande pour une série d'actes de sabotage visant des installations du réseau électrique dans l'ouest de l'Allemagne, selon France 24 - France. Le ministre fédéral de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a qualifié vendredi 4 septembre le suspect d'"extrémiste" du climat.
Originaire d'une petite ville de Rhénanie-du-Nord-Westphalie — région où se sont concentrées la plupart des attaques présumées depuis le début de la semaine —, le suspect a adressé deux lettres de revendication aux forces de l'ordre et aux médias. Ces lettres, jugées authentiques par les autorités, ont été confirmées par Herbert Reul, ministre de l'Intérieur du Land, lors d'une conférence de presse conjointe à Düsseldorf.
Substances suspectes et objets explosifs au domicile
Lors de la perquisition du logement du suspect dans la même région, la police a mis la main sur "des substances suspectes ou des objets suspectés d'être des explosifs", a précisé Herbert Reul. Ces éléments sont actuellement en cours d'examen.
Le camion utilisé par le suspect pour prendre la fuite a par ailleurs été retrouvé vendredi après-midi, selon le journal Bild, sur un site de la région connu pour avoir abrité une ancienne "zone à défendre" (ZAD) écologiste — la forêt millénaire de Hambach, symbole pendant des années des tensions autour de l'exploitation du lignite à ciel ouvert en Allemagne.
"La lutte contre les combustibles fossiles" comme motif revendiqué
Dans ses lettres, le suspect justifie ses actes par "la lutte contre les combustibles fossiles". Herbert Reul a cité un extrait : "Je ne m'attaque pas au pays, mais à l'industrie des matières premières fossiles, même si, pour certains responsables politiques, c'est la même chose."
Le ministre régional a également noté que l'auteur des lettres "a indiqué son adresse et son nom", un geste qualifié de "très inhabituel". Les lettres mentionnent aussi d'autres cibles potentielles, dont un poste électrique à Dormagen, toujours en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, où des objets suspects ont été découverts jeudi soir près d'un poste de transformation.
Deux pistes d'enquête, dont une étatique
L'enquête, ouverte pour "sabotage dirigé contre l'ordre constitutionnel", suit deux orientations, a indiqué Herbert Reul : "un possible motif d'extrémisme de gauche et un sabotage éventuellement téléguidé par un État étranger." Alexander Dobrindt, ministre conservateur, a pour sa part affirmé : "À ce stade, il faut partir du principe qu'il s'agit ici d'extrémisme climatique."
La lettre de revendication évoque également le premier incident survenu mardi dans le Brandebourg, dans l'est du pays, géographiquement éloigné des autres attaques présumées — ce qui laisse ouverte la question d'éventuelles complicités.
Un contexte de vigilance accrue sur les infrastructures critiques
Cette série d'attaques s'inscrit dans un climat de tension persistant autour des infrastructures énergétiques allemandes. Le 3 janvier, un incendie criminel revendiqué par le groupe "Vulkangruppe" avait privé d'électricité plus de 100 000 personnes à Berlin ; l'enquête reste enlisée. Ces derniers mois, l'Allemagne a été confrontée à des attaques répétées contre ses infrastructures, certaines revendiquées par des militants d'extrême gauche.
La vigilance des autorités est par ailleurs exacerbée par les actes de sabotage et d'espionnage dont Berlin accuse Moscou depuis le début de la guerre à grande échelle en Ukraine.
Source: France 24 - France