Enquête pour détournement de fonds visant Christian Estrosi à Nice après signalement de Ciotti

Le parquet de Nice a ouvert fin août une enquête contre l'ex-maire Christian Estrosi pour détournement de fonds publics, après un signalement d'Éric Ciotti portant sur plus de 312 000 euros de frais non justifiés.

Estrosi dans le viseur du parquet de Nice pour 312 000 euros de frais sans justificatifs

Le parquet de Nice a ouvert fin août une enquête pour détournement de fonds publics contre Christian Estrosi, ancien maire de la ville. Selon Le Monde - Justice, cette procédure fait suite à un signalement déposé par son successeur Éric Ciotti, qui avait alerté la justice sur l'absence de justificatifs pour une partie des notes de frais de l'ex-élu Horizons.

Le signalement, fondé sur l'article 40 du code de procédure pénale, a été transmis fin juillet au parquet. Le procureur de la République Damien Martinelli a confirmé mercredi l'ouverture de l'enquête, corroborant une information du quotidien Nice Matin. L'affaire n'est pas nouvelle : l'association Transparence citoyenne avait déjà déposé une plainte après avoir relevé plus de 312 000 euros de frais de représentation remboursés sans pièces justificatives au bénéfice de M. Estrosi entre 2016 et 2025.

Arrivé à la mairie en mars sous la bannière UDR-RN, après trois mandats de son prédécesseur, M. Ciotti avait d'abord sommé M. Estrosi de fournir les justificatifs manquants avant de saisir le parquet. L'avocat de l'ancien maire n'a pas réagi dans l'immédiat. Interrogé l'an dernier sur ces dépenses, M. Estrosi avait affirmé qu'il s'agissait exclusivement de repas avec des investisseurs et des personnalités des mondes économique et culturel, dans l'intérêt des dossiers de la ville et de la métropole.

Cette nouvelle enquête s'ajoute à plusieurs procédures déjà en cours visant l'ancien édile, qui n'a toutefois pas encore été mis en examen dans aucun de ces dossiers. La gestion de la reconstruction à la suite de la tempête Alex en 2020 fait l'objet d'investigations, et M. Estrosi a le statut de témoin assisté dans l'enquête sur la sécurisation de la Promenade des Anglais le soir de l'attentat au camion-bélier du 14 juillet 2016, qui avait coûté la vie à 86 personnes.

Au début de l'été 2025, il a également été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête portant sur l'organisation d'événements à Nice et sur la gestion des Grands Prix de Formule 1 du Castellet (Var) entre 2018 et 2022. M. Estrosi présidait alors le Groupement d'intérêt public concerné et est visé dans ce dossier pour favoritisme et détournement de fonds.

Source: Le Monde - Justice