Fusillade mortelle à Toulouse-Bellefontaine : un jeune de 18 ans exécuté, deux guerres de territoire

Un homme de 18 ans a été abattu dans le quartier Bellefontaine à Toulouse dans la nuit du 15 septembre. L'enquête est confiée à la DCOS pour meurtre en bande organisée.

Fusillade mortelle à Toulouse-Bellefontaine : un jeune de 18 ans exécuté, deux guerres de territoire

Exécution à Bellefontaine : Zakaria, 18 ans, abattu par deux tireurs à scooter

Dans la nuit du mardi 15 septembre, des rafales d'armes automatiques ont retenti dans le quartier Bellefontaine de Toulouse. Un jeune homme de 18 ans, prénommé Zakaria, a été tué de plusieurs balles au 15 cheminement Francisco de Goya, exécuté par deux individus à scooter. Selon ladepeche.fr, qui a reconstitué le déroulement des faits, cette fusillade s'inscrit dans une escalade de violence liée au trafic de stupéfiants qui inquiète sérieusement les forces de l'ordre.

Il est 23 heures lorsque les guetteurs postés aux points de deal de Bellefontaine signalent l'arrivée d'un scooter transportant deux hommes armés. L'un est porteur d'un fusil d'assaut de type Kalachnikov, l'autre d'un pistolet de calibre 9 mm. Les témoins présents aux abords des immeubles tentent de fuir. Les agresseurs repèrent néanmoins immédiatement leur cible et font feu à plusieurs reprises sur Zakaria. L'un des tireurs revient ensuite sur la victime tombée au sol pour l'achever au pistolet — sept détonations supplémentaires retentissent avant que le deux-roues ne prenne la fuite à vive allure.

Les secours et les forces de l'ordre, alertés par les riverains, arrivent rapidement sur place. Zakaria succombe à ses blessures à leur arrivée. Les techniciens de l'identité criminelle délimitent un périmètre et relèvent des dizaines de douilles de deux calibres différents. "C'est un carnage", témoigne un riverain qui a filmé la scène depuis son balcon avant de diffuser les images sur les réseaux sociaux.

Le parquet ouvre une enquête pour meurtre en bande organisée

Le procureur de la République précise que "le jeune homme est déjà connu de la justice pour des faits en lien avec le trafic de stupéfiants commis durant sa minorité" et que "le corps présente de multiples blessures manifestement causées par des tirs d'armes à feu". Une enquête a été ouverte du chef de meurtre en bande organisée et confiée à la Direction centrale des opérations et de la sécurité (DCOS), indique le parquet.

Des vérifications complémentaires sont en cours pour confirmer formellement l'identité de la victime, bien que les enquêteurs l'identifient comme étant Zakaria.

Deux guerres de territoire, une même spirale mortelle

Le décès de Zakaria survient quinze jours seulement après celui de Brahim, tué dans des circonstances similaires dans les cités toulousaines. Les deux affaires semblent toutefois correspondre à des contentieux distincts, selon les premières hypothèses d'investigation. La fusillade de mardi pourrait également être liée à un incident armé survenu plus tôt dans la même semaine.

En arrière-plan, deux conflits territoriaux alimentent la violence. D'un côté, une guerre de territoire oppose les réseaux des quartiers de La Reynerie et de Bellefontaine. De l'autre, un conflit distinct fait rage à La Faourette. "Le nombre de blessés par balles enregistrés ces derniers mois préoccupe au plus haut point les forces de l'ordre", indique une source proche du dossier.

Les policiers réclament des renforts à Paris

Depuis le début de l'année, les affrontements armés se multiplient dans les quartiers sensibles de la Haute-Garonne. La situation est désormais comparée ouvertement à celle de Marseille, ville longtemps synonyme de violence liée au narcotrafic : "Depuis 2026, ça tire plus ici qu'à Marseille", résume une formule qui circule parmi les habitants et les forces de l'ordre.

Lionel Ricaud, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale, s'est rendu à Paris pour interpeller le ministère de l'Intérieur. "Nous manquons d'effectifs pour faire face à cette violence extrême. Il nous faut des moyens humains sur le terrain et dans les services d'enquête", déclare-t-il. La multiplication des fusillades mortelles dans la Ville rose pousse les syndicats policiers à tirer la sonnette d'alarme face à ce qu'ils décrivent comme une escalade sans précédent dans les cités toulousaines.

Source: Google News LU FR

Read this article in English