Mort d'un Marocain à Carcassonne après intervention policière : plainte déposée

Une association franco-marocaine a déposé une plainte après le décès de Youssef, 29 ans, suite à une intervention policière à Carcassonne. Une enquête judiciaire est en cours.

Mort d'un Marocain à Carcassonne après intervention policière : plainte déposée

Plainte pour la mort d'un Marocain à Carcassonne après une intervention de police

L'Association franco-marocaine pour les droits de l'homme, basée à Paris, a déposé une plainte auprès du parquet de Carcassonne après le décès d'un ressortissant marocain de 29 ans, identifié sous le prénom Youssef, survenu plusieurs jours après une intervention policière dans un quartier résidentiel de la ville.

Selon Hespress, l'association a agi par l'intermédiaire de son avocat, Cohen Serfaty, et a annoncé son intention de se constituer partie civile dans le cadre de l'enquête judiciaire déjà ouverte à Carcassonne.

L'organisation a également adressé un courrier au ministre français de l'Intérieur, réclamant une enquête indépendante et transparente pour établir les circonstances exactes des faits et déterminer les éventuelles responsabilités pénales.

Youssef El Idrissi El Hassani, président de l'association, a déclaré à Hespress que l'affaire nécessitait une instruction judiciaire approfondie. Il a invoqué les articles R. 434-17 et R. 434-18 du Code de la sécurité intérieure français, qui imposent aux forces de l'ordre de recourir à la force uniquement lorsque cela est nécessaire et proportionné, tout en préservant la vie, la santé et la dignité des personnes placées sous leur contrôle.

El Idrissi El Hassani a allégué que Youssef n'avait agressé personne et se trouvait en train de parler avec une policière lorsqu'un second agent l'aurait approché par derrière et projeté au sol, provoquant un choc de la tête contre le bitume.

« La question que nous posons en tant qu'organisation de défense des droits de l'homme n'est pas de savoir si nous devons condamner le policier avant le tribunal », a-t-il précisé. « C'est de savoir si la force utilisée était nécessaire et proportionnée à la situation à laquelle l'agent était confronté. »

L'association a insisté sur le fait que sa démarche auprès du ministre de l'Intérieur n'était pas motivée par la nationalité marocaine de la victime. « Nous ne demandons pas de traitement particulier pour Youssef parce qu'il est Marocain », a déclaré El Idrissi El Hassani. « Nous demandons ce que tout être humain devrait avoir : le droit à la vérité, à la justice et à la reddition des comptes lorsqu'une violation de la loi est établie. »

L'organisation a par ailleurs rappelé que le port d'un uniforme de police ne plaçait pas son titulaire au-dessus des lois, et que la nationalité du défunt ne devait pas influer sur ses droits juridiques.

Les circonstances précises de l'incident et du décès de Youssef restent soumises à l'examen des autorités judiciaires françaises, chargées d'établir les faits et de déterminer d'éventuelles responsabilités.

Source: Hespress