Père condamné pour menace de décapitation d'une enseignante à Fauga : six mois ferme
Un père d'élève a été condamné à six mois de prison ferme pour avoir menacé de décapiter une institutrice à Fauga. La sœur de Samuel Paty salue une sanction juste.

Condamnation à Fauga : la sœur de Samuel Paty salue une peine « à la hauteur des faits »
Un parent d'élève de l'école primaire Clément Ader de Fauga, en Haute-Garonne, a été condamné jeudi 10 septembre à six mois de prison ferme pour avoir menacé de décapiter une enseignante. L'homme a été incarcéré à l'issue de l'audience et devra par ailleurs suivre un stage de citoyenneté, a précisé le parquet de Toulouse. Selon parismatch.com, les juges ont prononcé une peine supérieure aux réquisitions, qui ne demandaient que six mois de bracelet électronique.
Mickaëlle Paty, sœur du professeur d'histoire Samuel Paty assassiné en 2020, a réagi au micro de RTL le lendemain du jugement. « C'est quelque part un soulagement », a-t-elle déclaré, saluant une condamnation « à la hauteur des faits ». Elle a souligné que les magistrats avaient dépassé les réquisitions du parquet, y voyant un signal de fermeté.
Celle qui milite depuis l'assassinat de son frère pour la protection des enseignants a néanmoins exprimé ses inquiétudes pour l'année scolaire à venir. « J'ai bien peur qu'on ait encore une année où les enseignants vont être menacés », a-t-elle averti. « Ce qu'il ne faut pas oublier c'est le traumatisme que cela crée. Ils arrivent toujours la boule au ventre en se disant "c'est peut-être moi le prochain". »
Les faits du 4 septembre
Le 4 septembre, vers 16 h 30, le père d'un élève de 9 ans avait interpellé l'institutrice à la sortie des classes. L'enfant avait été orienté vers la classe de cette enseignante après un comportement problématique dans sa propre classe — une mesure disciplinaire ordinaire. Le père avait néanmoins confronté la professeure : « C'est toi qui terrorises mon fils en le traitant de caïd ? », avant de lancer : « Si tu étais un homme, je te couperais la tête. »
Lors de l'audience, l'accusé a reconnu s'être « peut-être un peu énervé », tandis que le juge insistait sur la gravité des propos tenus.
Un décret pour protéger les personnels éducatifs
À la suite de cette affaire, le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a annoncé l'activation d'un décret entré en vigueur le 29 juillet, visant à protéger les membres du personnel éducatif face aux parents menaçants. Ce texte autorise les chefs d'établissement à demander le transfert d'un élève vers un autre établissement lorsque son parent adopte un comportement agressif envers un enseignant ou tout autre membre du personnel.
Mickaëlle Paty a rappelé le chemin parcouru depuis l'assassinat de son frère : « Ce travail a été très long pour réussir à obtenir une forme de protection que les enseignants demandent depuis longtemps. » Pour elle, la condamnation prononcée à Toulouse constitue un pas dans la bonne direction, même si la vigilance reste de mise.
Source: Google News LU FR