ADN inconnu sur le t-shirt d'Émile : 106 tests négatifs, l'enquête relancée vers les touristes
Les analyses ADN menées sur 106 habitants du Haut-Vernet n'ont révélé aucune correspondance avec la trace retrouvée sur le t-shirt du petit Émile. Les gendarmes envisagent une nouvelle campagne ciblant les touristes présents en juillet 2023.

ADN non identifié sur le t-shirt d'Émile : 106 prélèvements négatifs, l'enquête face à une impasse
Selon France Info, les résultats des analyses ADN rendus vendredi 28 août sont formels : aucune des 106 personnes prélevées ne correspond à la trace inconnue retrouvée sur le t-shirt du petit Émile. Plus de trois ans après la disparition de l'enfant au hameau du Haut-Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence, l'identité du porteur de cet ADN reste entière.
Les prélèvements avaient été effectués en février dernier, principalement auprès des habitants du village présents le 8 juillet 2023, jour où le garçon s'était volatilisé. Le t-shirt, lui, avait été découvert par hasard huit mois après la disparition, sur un chemin forestier situé à trois kilomètres du village. C'est sur ce vêtement qu'une trace ADN non répertoriée avait été relevée, ouvrant une piste que les enquêteurs espéraient décisive.
La famille attend des réponses, l'avocate précise les enjeux
Les grands-parents d'Émile, par la voix de leur avocate, réclament la poursuite des investigations. « Ce qu'ils attendent, eux, c'est effectivement qu'on arrive à savoir à qui appartient cet ADN, parce que déterminer l'ADN qui est présent sur le t-shirt ne veut pas dire qu'on va trouver qui a donné la mort à Émile, mais au moins on pourra savoir si cette personne a pu avoir accès à ce t-shirt après la mort d'Émile, si cette personne a pu déposer le vêtement sur le lieu où on a retrouvé le crâne d'Émile, donc c'est quelque chose de très important », souligne Me Isabelle Colombani, avocate des grands-parents.
La distinction est juridiquement significative : l'identification de cet ADN ne désignerait pas nécessairement un coupable, mais permettrait de reconstituer une partie de la chaîne des événements — notamment la question du dépôt du vêtement sur les lieux.
Une nouvelle campagne de prélèvements en préparation
Selon les informations de France Info, les gendarmes devraient prochainement lancer une nouvelle série de prélèvements ADN, cette fois orientée vers les touristes présents au Haut-Vernet durant l'été 2023. Cette piste est jugée difficile à exploiter. Jacques Dallest, ancien procureur et auteur de Mémoire criminelle — Les confidences d'un magistrat, tempère les attentes : « Si l'auteur des faits était de passage dans ce village, par exemple, ça peut être quelqu'un qui habite à l'autre bout du département ou d'un département extérieur, c'est pas simple, ça ne peut pas être toute la population, évidemment, ce serait impossible. »
Retrouver des vacanciers ayant séjourné dans ce hameau reculé deux ans auparavant représente un défi logistique considérable pour les enquêteurs. Le nombre de personnes potentiellement concernées reste indéterminé, et leur localisation actuelle inconnue.
Les lettres anonymes, autre fil d'investigation
Parallèlement aux analyses génétiques, les gendarmes continuent d'exploiter les nombreuses lettres anonymes adressées à la famille et aux forces de l'ordre depuis la disparition d'Émile. Chacune d'elles est examinée dans l'espoir qu'un nom, une adresse ou un détail puisse faire progresser l'affaire. À ce stade, aucune n'a permis d'identification décisive.
L'enquête sur la disparition du petit Émile — dont les ossements avaient été retrouvés en mars 2024, toujours dans les environs du Haut-Vernet — se poursuit sans mise en examen ni suspect déclaré. La trace ADN sur le t-shirt demeure l'un des rares éléments matériels exploitables entre les mains des investigateurs.
Source: France Info