Christian Nègre, mis en examen pour avoir drogué 250 femmes, exerce sous pseudonyme dans les RH
L'ex-DRH du ministère de la Culture, mis en examen pour soumission chimique sur près de 250 femmes, continue d'exercer comme coach RH sous le prénom "Bernard".

L'ex-fonctionnaire mis en examen pour soumission chimique continue d'exercer dans les ressources humaines
Selon Google News FR — Crime (fr), Christian Nègre, ancien directeur des ressources humaines au ministère de la Culture, se présente aujourd'hui comme "coach professionnel" sous le prénom de "Bernard" — huit ans après avoir été confondu dans une affaire de soumission chimique à grande échelle. Mis en examen pour avoir drogué près de 250 femmes à l'aide d'un diurétique afin de les forcer à uriner en sa présence, sous couvert d'entretiens professionnels, il officie désormais via le cabinet parisien 3R Consultants, a constaté franceinfo, confirmant une information du Dauphiné Libéré et de RTL publiée vendredi 4 septembre.
Son profil professionnel, consultable sur le site du cabinet, ne fait aucune mention de ses fonctions passées au ministère de la Culture ni à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) Grand Est, dont il avait été révoqué. "Je suis coach de dirigeants et consultant en ressources humaines, management et organisation et conduite du changement", écrit-il dans son curriculum vitae.
Une affaire déclenchée par une photo prise sous une table
C'est à la Drac que l'affaire avait débuté : Nègre avait été surpris en train de photographier sous la table son interlocutrice, une sous-préfète qui avait ensuite porté plainte. Cette plainte avait déclenché l'enquête, qualifiée à l'époque de situation "complètement folle, d'un pervers" par le ministre de la Culture Franck Riester.
Sa mise en examen date de 2019. Dès cette année-là, le site ICI Grand Est signalait qu'il s'était reconverti en "coach professionnel" dans le secteur privé. Son contrôle judiciaire ne lui interdit pas de travailler ni d'être en contact avec un certain public, précise à franceinfo Iris Biehler, avocate de l'une des plaignantes. Sollicité sur ce point, le parquet de Paris n'avait pas donné suite vendredi.
L'avocate des victimes dénonce une "volonté de dissimulation"
"Il prodigue des cours et des accompagnements dans le même secteur d'activité, cela pose des difficultés", estime Iris Biehler, pointant une "crainte de réitération des faits reprochés". Quant à l'utilisation d'un autre prénom, l'avocate y voit "une volonté de dissimulation" et indique avoir signalé cette situation aux deux juges d'instruction en charge du dossier, afin que des investigations soient menées sur ces activités.
Willem Royaards, fondateur de 3R Consultants, contacté par Le Dauphiné Libéré, a affirmé ne pas avoir été au courant de l'identité réelle de ce formateur. "Par mesure de précaution, nous avons décidé de retirer cette personne de notre plateforme pour le moment", a-t-il déclaré. Son profil restait toutefois accessible sur le site vendredi.
Des interventions en écoles de commerce à Caen
En octobre 2025, Ouest-France avait déjà révélé que Christian Nègre était intervenu comme enseignant dans les écoles de commerce MBway et Ecofac, à Caen et Colombelles (Calvados), sous le nom de "Bernard Genre" — un patronyme pouvant être lu comme l'anagramme de Nègre. Ce nom figurait sur sa carte d'identité lors de sa candidature, même si son véritable nom de famille apparaissait sur son casier judiciaire, vierge, avait précisé MBway.
L'école avait alors assuré que son "volume d'heures, limité, comprenait des cours et le suivi de mémoires d'étudiants" et qu'aucun signalement ni incident n'avait été porté à sa connaissance. L'avocate de Christian Nègre n'a pas donné suite aux sollicitations.
La clôture de l'enquête attendue fin 2026
Les parties civiles déplorent la lenteur de la procédure. En février, la procureure de Paris Laure Beccuau avait indiqué que "la clôture des investigations est attendue d'ici à la fin de l'année 2026", appelant "toute victime non encore entendue à se signaler au plus vite auprès de l'OCRVP". Une réunion entre les juges d'instruction et les parties civiles était prévue au tribunal judiciaire de Paris le jeudi 10 septembre, pour faire le point sur l'avancée de la procédure.
Christian Nègre est présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.
Source: Google News FR — Crime (fr)