Violences sexuelles dans la police : deux nouveaux cas impliquant des victimes vulnérables
Un agent arrêté à Amiens pour viol sur mineur et un commandant condamné pour agression sur une patiente de 89 ans. Google News FR révèle deux affaires graves.

Deux policiers mis en cause pour des agressions sexuelles sur des personnes vulnérables
Google News FR — Crime (fr) rapporte deux nouvelles affaires de violences sexuelles impliquant des membres des forces de l'ordre, s'ajoutant à une liste déjà documentée par une enquête publiée le 19 juin 2025. Les journalistes Leïla Miñano, Sarah Benichou et Sophie Boutboul avaient alors recensé au moins 429 victimes et 215 agresseurs, dont 76 % de femmes, 6 % d'hommes et 18 % de mineurs — uniquement parmi les affaires ayant donné lieu à un dépôt de plainte.
Un policier arrêté à Amiens pour viol sur mineur
Le 7 août 2026, un jeune agent de police a été interpellé par ses collègues au domicile de sa grand-mère à Amiens, dans la Somme. Il se trouvait seul avec un adolescent de 14 ans dans une pièce fermée. Ce sont les parents de la victime qui ont donné l'alerte, après avoir localisé leur fils grâce à la géolocalisation de son téléphone.
Selon les premiers éléments de l'enquête, le policier avait pris contact avec l'adolescent via un site de jeux vidéo en ligne. Placé immédiatement en garde à vue, il a été auditionné puis déféré au tribunal, avant d'être mis en examen et placé en détention provisoire.
Le parquet détaille des chefs d'accusation multiples : « viol d'un mineur de 15 ans avec différence d'âge de 5 ans », « provocation d'un mineur à la consommation de stupéfiants », « proposition sexuelle suivie d'une rencontre », « corruption de mineurs de 15 ans » et « détention d'images à caractère pédopornographique ».
L'affaire prend un relief particulier au regard du passé judiciaire de l'agent. Une précédente mise en cause pour viol sur mineur et diffusion d'images à caractère sexuel avait été classée sans suite en 2026, les faits jugés « pas suffisamment caractérisés » selon le magistrat en charge. Le policier avait ainsi pu continuer à exercer ses fonctions malgré une enquête en cours.
Sébastien Gallois, procureur de Rouen, a annoncé que le fonctionnaire « a été suspendu de ses fonctions et son contrat ne sera pas renouvelé ».
Un commandant condamné pour agression sur une patiente de 89 ans
La nuit du 5 au 6 avril 2025, un commandant de police de 54 ans était admis aux urgences de l'hôpital de Gleizé, dans le Rhône, à la suite d'un choc à la tête. Dans le même établissement, une femme de 89 ans, atteinte de la maladie d'Alzheimer, patientait dans un couloir après avoir été admise pour une blessure au bras.
Dans la soirée, le commandant s'est approché du brancard de la patiente et l'a agressée sexuellement. Ce sont des soignants qui ont mis fin à la scène. Des images de vidéosurveillance montrent l'homme caresser la poitrine de l'octogénaire et l'embrasser de force pendant plusieurs minutes.
Lors de son procès, le 10 juillet 2025, le policier a invoqué une amnésie due à la prise de médicaments et à la consommation d'alcool. Les magistrats l'ont condamné à quatre mois de prison avec sursis, 2 000 euros d'amende, une inscription au fichier des délinquants sexuels et une inéligibilité de trois ans. Il avait également été suspendu administrativement de ses fonctions.
Un phénomène systémique peu sanctionné
Ces deux affaires s'inscrivent dans un contexte plus large documenté depuis plusieurs années. Dans la nuit du 28 au 29 octobre, une femme déférée au parquet de Bobigny avait été victime de viols par deux agents dans sa cellule, l'un d'eux ayant filmé la scène sur son téléphone.
En 2017, une jeune mère de 28 ans s'était rendue au commissariat de Toulouse pour demander protection contre un mari violent. Elle avait été violée par le policier Jean-Pierre F., qui l'avait reçue dans son bureau, lui avait « bloqué la porte, attrapé la tête et forcé à faire une fellation ». Cet agent avait fait d'autres victimes selon le même mode opératoire.
Les chiffres des sanctions disciplinaires illustrent une réponse institutionnelle limitée. Depuis 2021, seuls 18 policiers ont été sanctionnés pour des faits de violences sexuelles ; 10 seulement ont été expulsés de l'institution ou mis à la retraite. En 2023, 46 gendarmes ont été sanctionnés pour des faits similaires, dont seulement 3 radiés.
Source: Google News FR — Crime (fr)