Déraillement d'un TER en Seine-Maritime : enquête ouverte, piste malveillante privilégiée
Un TER Rouen-Caen a déraillé après avoir heurté un morceau de rail sur la voie, faisant 44 blessés. Le parquet de Rouen écarte la piste attentat mais n'exclut pas un acte malveillant.

Un rail de 300 kilos retrouvé sur la voie, 44 blessés et une enquête ouverte en Normandie
Selon franceinfo.fr, les enquêteurs et experts ferroviaires ont passé la journée du samedi 12 septembre à analyser un morceau de rail photographié au milieu de la voie, au lendemain du déraillement d'un TER sur la ligne Rouen-Caen en Seine-Maritime. Cette pièce métallique est au cœur de l'enquête judiciaire ouverte par le parquet de Rouen.
Le TER, lancé à pleine vitesse en direction de Caen, aurait percuté ce fragment d'acier posé en travers de la voie. Sous l'impact, la motrice a été projetée à plusieurs mètres avant de se coucher sur le bas-côté. Les premiers wagons ont déraillé et ne se sont immobilisés que plusieurs dizaines de mètres plus loin. L'accident a fait 44 blessés.
Un rail de 300 kilos dont l'origine reste inconnue
La présence de cet élément sur la voie interroge les spécialistes. Hervé Morin, président de la région Normandie, a précisé que le train précédent, passé une heure plus tôt sur le même tronçon, n'avait rien signalé. « Il y avait sur la voie, de toute évidence, une barre de fer dont on pense que c'est un rail, extrêmement lourd, aux alentours de 300 kilos si j'en crois ce que disent les cheminots », a-t-il déclaré.
Arnaud Aymé, expert en transports au cabinet SIA, souligne la singularité du constat : « Les rails ne se décrochent pas comme ça et ne se superposent pas les uns aux autres. Chaque mètre de rail, ça pèse déjà 50 kg. » Cette déclaration renforce l'hypothèse d'une intervention extérieure, sans pour autant en établir la nature.
Le parquet écarte l'attentat, la malveillance reste à l'étude
Dans la soirée du 12 septembre, le procureur de la République de Rouen a pris la parole pour cadrer l'état des investigations. À ce stade, aucun élément ne permet d'évoquer un attentat, a-t-il affirmé. Le parquet privilégie néanmoins l'hypothèse d'un acte de malveillance, dont les causes précises devront être identifiées par l'enquête.
Les enquêteurs ont saisi la boîte noire du train afin d'analyser la vitesse à laquelle circulait le convoi, les commandes actionnées par le conducteur ainsi que les conditions de freinage. De nouvelles auditions étaient prévues dès le dimanche suivant l'accident.
44 blessés, six hospitalisations prolongées
Le bilan humain s'établit à 44 blessés. Selon le ministre des Transports Philippe Tabarot, six personnes étaient encore hospitalisées dans les heures suivant l'accident. Des témoins ont rapporté des scènes de panique à bord : « Les gens commençaient à crier et à pleurer », selon des propos relayés par franceinfo.fr.
Le trafic ferroviaire sur cet axe a été perturbé à la suite du déraillement, le temps que les équipes procèdent aux premières constatations et sécurisent la zone.
Source: Google News LU FR