Ex-animateur jugé à Paris pour agressions sexuelles sur neuf fillettes : cinq ans requis
Un ancien animateur périscolaire de 38 ans a comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Paris pour des attouchements sur neuf mineures de 6 à 9 ans. Le parquet a requis cinq ans de prison, dont un an ferme.

Procès à Paris : un ex-animateur reconnaît avoir touché neuf élèves de façon inappropriée
Selon BFM TV, Michael M., ancien animateur périscolaire de 38 ans, a comparu ce lundi 31 août devant le tribunal correctionnel de Paris pour des agressions sexuelles commises sur neuf mineures, âgées de six à neuf ans, au sein de l'école primaire Vigée-Lebrun, dans le 15e arrondissement. L'audience s'est tenue la veille de la rentrée scolaire.
Vêtu d'un costume bleu roi, cheveux longs retenus par un chouchou noir, le prévenu — dont le casier judiciaire était vierge — a reconnu les faits dès le début de la procédure, ouverte en 2024. L'affaire a éclaté lorsqu'une jeune élève a confié à sa mère, en quittant l'école, que l'animateur lui avait touché les fesses. Confronté par la mère, Michael M. a soutenu n'avoir effleuré que le bas du dos de l'enfant, avant d'illustrer son propos d'un geste qui a déclenché la colère de la mère — qui l'a giflé — puis le dépôt de plainte.
Neuf victimes et un mode opératoire identifié
Les auditions successives de témoins, enfants et animateurs confondus, ont progressivement alourdi le dossier. Neuf jeunes victimes ont finalement été identifiées, accusant le prévenu d'attouchements sur les fesses ou le pubis. Le président du tribunal a relevé l'existence d'un schéma récurrent : « Cela se passe toujours sous le préau, pendant les temps calmes, à l'abri des regards », a-t-il souligné à l'audience.
Des aveux jugés incomplets par les avocates des victimes
Les mains posées sur la barre, Michael M. a exprimé ses regrets. « Je suis désolé de tout ce que j'ai fait, je m'excuse, je demande pardon à toutes les victimes et leurs familles », a-t-il déclaré, reconnaissant ne pas avoir respecté « la règle fondamentale » de son métier : assurer la sécurité affective, physique et morale des enfants. Il a admis avoir « touché de façon inappropriée des mineurs », tout en niant toute attirance sexuelle envers de jeunes enfants.
Ses reconnaissances ont toutefois été émaillées de lacunes : pour la plupart des cas évoqués, il a affirmé ne se souvenir de rien ou de très peu. Me Carine Durrieu Diebolt, avocate de la partie civile, a déploré des « aveux qui n'ont pas été jusqu'au bout de la reconnaissance des faits ».
Des choix de vie interrogés par le tribunal
Le tribunal s'est également penché sur plusieurs décisions du prévenu. Pourquoi avait-il installé une application lui permettant d'échanger avec des pédocriminels, alors même que l'enquête le visait ? Michael M. a affirmé avoir voulu « parler avec eux pour les dénoncer ». Le président a relevé qu'aucune dénonciation n'avait jamais été transmise à une autorité compétente.
Sur sa vocation d'animateur, obtenue via le Bafa passé à l'âge de 30 ans, le prévenu a expliqué qu'on lui disait être « à l'aise avec les enfants », notamment lors de sorties scolaires avec sa fille. Il a également évoqué, de manière hésitante, l'hypothèse d'un « bruit » ou d'une « odeur » qui aurait réveillé ses « pulsions » lorsqu'il a commencé à travailler avec des élèves de CP dans le 15e arrondissement. Une avocate des victimes lui a rappelé qu'il avait auparavant exercé à Bagneux et en Normandie, avec des CE2.
Portant un masque durant l'audience, Michael M. a reconnu que la honte en était « en partie » la raison. Le président lui a demandé : « Finalement, c'est une bonne chose que vous ayez été arrêté, non ? Où est-ce que ça vous conduisait tout ça ? »
Le témoignage d'un père
Tête baissée, le prévenu a écouté un père de famille décrire les répercussions de l'affaire sur sa fille. Averti qu'un animateur avait touché une enfant à l'école, cet homme avait tenté de mettre sa fille en confiance. Un jour, alors qu'elle prenait sa douche, la petite s'est effondrée et lui a « tout expliqué ». Aujourd'hui âgée de neuf ans et en CM1, elle garde selon son père « juste un problème avec la nudité » : « On ne peut pas lui mettre de short. »
Réquisitions et délibéré
De retour à la barre en fin d'audience, Michael M. a affirmé ressentir « de la tristesse d'avoir brisé autant de vie, de la honte et surtout du dégoût de moi-même ». Après plus de sept heures d'audience, le procureur de la République a requis cinq ans de prison, dont un an ferme et quatre ans de sursis assortis d'un suivi socio-judiciaire de près de cinq ans. La décision a été mise en délibéré ; le jugement sera rendu le mardi 15 septembre prochain.
Source: BFM TV