Non-lieu dans l'affaire Kameugne : l'étudiant mort dans la Marne en 2008, la famille fait appel
Un non-lieu a été prononcé fin juillet dans l'enquête sur la mort de Stéphane Kameugne à Châlons-en-Champagne. Sa famille a immédiatement interjeté appel.

Seize ans sans réponse : non-lieu dans la mort de l'étudiant Kameugne
Une ordonnance de non-lieu a été rendue le 30 juillet dans l'enquête sur le décès de Stéphane Kameugne, étudiant de 24 ans retrouvé mort en décembre 2008 dans un canal de Châlons-en-Champagne (Marne), rapporte BFM TV. La famille du jeune homme a déposé un appel le 5 août.
Le procureur de Reims, François Schneider, a confirmé la décision, précisant qu'elle avait été prise « conformément aux réquisitions du parquet ». « Toutes les hypothèses, criminelles ou non, ont été explorées, et rien de l'enquête ne permet de confirmer que la victime a été tuée volontairement par un tiers », a-t-il déclaré. Les témoignages évoquant un possible homicide se sont « révélés soit erronés, soit impossibles à confirmer », a-t-il ajouté.
Stéphane Kameugne avait disparu dans la nuit du 6 au 7 décembre 2008, à l'issue du gala de l'École nationale supérieure d'arts et métiers (Ensam) de Châlons-en-Champagne. Son corps avait été repêché dix-sept jours plus tard dans un canal voisin. Des analyses médico-légales aux conclusions contradictoires avaient conduit à l'ouverture d'une enquête pour homicide involontaire. Plusieurs scénarios ont depuis été débattus entre experts : chute accidentelle depuis un pont, collision avec un véhicule ou agression.
L'avocat de la famille, Me Didier Seban, a vivement critiqué la décision, la qualifiant de « coup de poignard supplémentaire ». « On a vraiment l'impression qu'à Reims, on ne veut pas élucider ce dossier », a-t-il dénoncé, soulignant la perte de scellés et la succession de neuf juges d'instruction qui ne l'auraient « pas réellement pris en main ».
L'audience d'appel est fixée au 12 novembre devant la Cour d'appel de Reims. Me Seban a appelé à ne pas « abandonner cette famille à sa douleur et au silence judiciaire », assurant qu'elle se présenterait à l'audience « avec combativité ».
En avril 2025, les parents de Stéphane Kameugne avaient par ailleurs assigné l'État devant le tribunal judiciaire de Paris, dans l'espoir de relancer les investigations et d'obtenir des réponses sur les circonstances de la mort de leur fils.
Source: BFM TV