Hacker pénètre les serveurs de la police et de la justice pour escroquer des notaires — jusqu'à 1 million d'euros

Un Parisien de 25 ans a exploité une faille dans les serveurs policiers et judiciaires pour usurper l'identité de magistrats et commissaires. Le préjudice estimé atteint jusqu'à un million d'euros.

Hacker pénètre les serveurs de la police et de la justice pour escroquer des notaires — jusqu'à 1 million d'euros

Un Parisien de 25 ans mis en examen après avoir piraté des serveurs de l'État pour escroquer notaires et entreprises

Un jeune homme de 25 ans, diplômé en génie informatique et domicilié à Paris, a été mis en examen pour escroquerie et blanchiment en bande organisée, puis placé en détention provisoire. Selon frenchbreaches.com, le suspect aurait exploité une faille informatique dans des serveurs appartenant à la police et à la justice afin de mener une vaste campagne d'escroqueries ciblant notamment des offices notariaux, des entreprises et des associations. Le préjudice est actuellement estimé entre 150 000 et un million d'euros.

Une vulnérabilité dans les infrastructures de l'État comme point d'entrée

Lors de ses auditions, le suspect a expliqué aux enquêteurs avoir découvert une vulnérabilité dans des serveurs gouvernementaux. Cette brèche lui aurait permis d'accéder à des adresses e-mail officielles inutilisées, issues des domaines de la police et de la justice. En expédiant ses messages depuis ces adresses, il conférait à ses communications une apparence institutionnelle susceptible de tromper les destinataires, qui croyaient correspondre avec de véritables représentants des forces de l'ordre ou de l'autorité judiciaire.

Usurpation d'identité de procureurs, magistrats et commissaires

Depuis environ un an, le jeune homme est soupçonné d'avoir endossé l'identité de commissaires de police, de magistrats et, à l'occasion, de banquiers. Parmi les identités usurpées figuraient notamment celles de procureurs. Les victimes recevaient des e-mails ou des appels leur indiquant qu'elles faisaient l'objet d'une enquête portant sur de supposés fonds illicites, et étaient invitées à contacter rapidement leur interlocuteur.

Entre mai et juillet 2025, des sociétés, associations, offices notariaux et salles des ventes auraient reçu de telles communications. Dans l'un des cas rapportés, un établissement a viré plus de 88 000 euros vers un compte bancaire portugais, convaincu d'alimenter un compte de séquestre officiel.

Des standards téléphoniques virtuels pour renforcer la mise en scène

L'opération ne s'appuyait pas uniquement sur les e-mails. Les escrocs auraient également eu recours à des numéros téléphoniques virtuels et à des standards configurés pour simuler des services officiels, renforçant ainsi la crédibilité de leurs démarches. Des SMS frauduleux auraient par ailleurs été envoyés dans le cadre d'opérations de faux conseiller bancaire, incitant les victimes à rappeler puis à effectuer des virements. Les fonds détournés étaient ensuite dirigés vers des comptes situés au Portugal et en Espagne.

Interpellation au domicile de sa mère, après remontée de filière téléphonique

Les enquêteurs sont parvenus à identifier le suspect en analysant les lignes téléphoniques et les comptes bancaires utilisés lors des campagnes de phishing. Le jeune homme a finalement été arrêté au domicile de sa mère à Paris. Selon les informations rapportées par Le Parisien et reprises par frenchbreaches.com, il aurait tenté de se dissimuler avant d'être localisé par les policiers. Lors de l'intervention, 4 000 euros en espèces, trois téléphones et un ordinateur ont été saisis.

Aveux et coopération technique en garde à vue

Durant sa garde à vue, le suspect aurait reconnu les faits. Il affirme avoir fourni aux enquêteurs l'accès à son matériel et à ses serveurs, et leur avoir expliqué la méthode d'exploitation de la faille afin qu'elle puisse être corrigée. Le montant exact des sommes détournées reste en cours d'évaluation, l'enquête se poursuivant notamment pour identifier d'éventuels complices.

Cette affaire met en évidence les risques liés à la compromission d'infrastructures institutionnelles : en s'appuyant sur des adresses e-mail gouvernementales et des identités de magistrats, les auteurs auraient réussi à tromper des structures professionnelles pourtant habituées à traiter des flux financiers sensibles.

Source: Google News MA — Crime (fr)

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