Meurtre d'Aramburu : 27 ans requis contre Le Priol, 20 ans contre Bouvier

L'avocat général a réclamé 27 ans de réclusion pour Loïk Le Priol et 20 ans pour Romain Bouvier. Le verdict est attendu vendredi.

Meurtre d'Aramburu : 27 ans requis contre Le Priol, 20 ans contre Bouvier

Procès Aramburu : peines lourdes requises, la perpétuité toujours possible

L'avocat général Philippe Courroye a requis, mercredi 23 septembre devant la cour d'assises de Paris, 27 ans de réclusion criminelle contre Loïk Le Priol et 20 ans de prison contre Romain Bouvier, selon France Info. Les deux accusés, poursuivis respectivement pour assassinat et tentative d'assassinat dans l'affaire de la mort du rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, encourent toujours la perpétuité. Le verdict est attendu vendredi.

Le ministère public n'a pas réclamé la peine maximale, mais a exigé pour chacun des deux principaux accusés une obligation de soins socio-médicaux. Les faits remontent à la nuit du 19 mars 2022, lorsqu'une querelle alcoolisée avait dégénéré à la terrasse du bar Mabillon, dans le 6e arrondissement de Paris.

« Une mécanique meurtrière »

Pour décrire la succession des événements, Philippe Courroye a eu recours à une image mécanique. « Ce dossier, c'est l'enchaînement d'une mécanique meurtrière qui conduit à l'irréparable », a-t-il déclaré, comparant cette logique « aux quatre temps d'un moteur » — en référence notamment à la Jeep qui figure au cœur du dossier criminel.

Tout au long du procès, Loïk Le Priol a nié toute préméditation, invoquant la légitime défense. L'avocat général a réfuté cet argument avec fermeté. « Il faut avoir de l'estomac pour soutenir dans ce dossier la légitime défense », a-t-il lancé, relevant que les déclarations de l'accusé avaient été « évolutives » et que le danger imminent n'existait pas. Courroye a notamment ironisé sur la présence de serviettes garnies de glaçons, que Federico Martin Aramburu et son ami Shaun Hegarty avaient récupérées dans un hôtel pour soigner leurs blessures après une première rixe. L'avocat général a rappelé que l'ancien militaire avait tiré six fois, touchant la victime à quatre reprises.

Le stress post-traumatique écarté

La défense de Le Priol avait mis en avant un syndrome de stress post-traumatique diagnostiqué en 2015, susceptible, selon elle, d'avoir altéré le discernement de l'accusé. Philippe Courroye a écarté cet argument au regard des expertises psychiatriques : « Aucun élément ne permet d'affirmer que le syndrome était actif lors des faits. » Il a ajouté : « Le traumatisé de guerre, il ne court pas après les symptômes de la guerre. »

Bouvier : l'intention contestée

Romain Bouvier, auteur de quatre coups de feu ayant atteint la victime à deux reprises, a soutenu tout au long des audiences n'avoir eu ni l'intention de tuer, ni même de blesser. L'avocat général a relativisé cet argument. « Il a échoué [à tuer], mais il faut distinguer le résultat de l'intention », a souligné Courroye. Il a précisé que les images de vidéosurveillance et les conclusions d'une médecin légiste contredisent l'affirmation de Bouvier selon laquelle il aurait tiré volontairement vers le sol.

Sur la question de la préméditation, Courroye a conclu que « l'intention d'homicide est évidente » pour les deux accusés, notamment parce que les rugbymen n'étaient pas armés. Il a également insisté sur les antécédents judiciaires de ce « tandem maléfique », qualifiant leur profil de « marqueurs d'une dangerosité » pour la société. Les deux hommes ont notamment été condamnés par le passé pour violences en réunion sur Edouard Klein, ancien chef du GUD, groupuscule d'extrême droite dissous par le gouvernement en 2024. « Si le mobile de ce dossier n'a rien de politique ou de xénophobe, le compagnonnage de ces individus au GUD n'est pas étranger à leur dérive et aux faits », a déclaré l'avocat général.

Peines requises pour les accusés secondaires

Le ministère public a par ailleurs demandé que Lyson Rochemir, compagne de Loïk Le Priol au moment des faits et conductrice de la Jeep transportant Bouvier cette nuit-là, ne soit pas condamnée pour complicité de tentative d'assassinat. L'avocat général a requis contre elle trois ans de prison, dont un an avec sursis, pour modification de l'état des lieux d'un crime, ainsi que pour soustraction, recel et rejet d'objet.

Pour Anthony Sorrentino, trois ans de prison, dont deux ans avec sursis, sont réclamés pour avoir dissimulé des preuves et avoir facilité la courte cavale de Romain Bouvier après les faits.

Source: France Info

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