Meurtre d'Aramburu : Le Priol plaide la légitime défense à l'ouverture de son procès à Paris

Le procès de Loïk Le Priol et Romain Bouvier s'est ouvert lundi devant la cour d'assises de Paris pour l'assassinat du rugbyman Federico Martin Aramburu en 2022.

Meurtre d'Aramburu : Le Priol plaide la légitime défense à l'ouverture de son procès à Paris

Procès Aramburu : Le Priol et Bouvier contestent les faits dès le premier jour

Lundi 7 septembre, la salle Voltaire de la cour d'assises de Paris affichait complet. Loïk Le Priol, 32 ans, militant d'extrême droite et ancien militaire, se levait du box des accusés pour décliner son identité au début du procès pour l'assassinat de Federico Martin Aramburu, ancien international de rugby argentin tué par balles dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, rapporte BFM TV.

Chemise bleu ciel, lunettes et cheveux soigneusement coiffés, l'accusé s'est montré particulièrement poli face au président : « Oui monsieur le président », « tout à fait monsieur le président ». Une attitude courtoise qui a contrasté avec la gravité des faits exposés lors de la lecture de l'acte d'accusation.

Une altercation fatale au cœur de Paris

Cette nuit-là, Federico Martin Aramburu se trouvait en terrasse du bar Mabillon, dans le 6e arrondissement, en compagnie de Shaun Hegarty, ancien international de rugby. À une table voisine prenaient place Loïk Le Priol, Romain Bouvier et Lyson R., alors petite amie de Le Priol. Une première altercation avait éclaté peu avant la mort par balles du rugbyman.

Shaun Hegarty, partie civile dans ce dossier, n'a pas perdu un mot de la lecture des faits. Assis face aux deux accusés, il prenait des notes, retournait ses feuilles et levait par moments les yeux en direction de Le Priol — l'homme accusé d'avoir tué son ami sous ses yeux.

« Je conteste totalement les faits »

Appelés à s'exprimer après la lecture de l'acte d'accusation, les deux accusés ont pris la parole l'un après l'autre pour rejeter les charges.

Romain Bouvier, 35 ans, poursuivi pour tentative d'assassinat, s'est levé, torse tourné vers la cour : « Je conteste totalement les faits. Je n'ai jamais voulu le tuer, même pas le blesser. Je n'aurais pas dû avoir cette arme chargée dans ma poche. Je reconnais en avoir fait usage sur la voie publique à quatre reprises. » Il a précisé avoir tiré en direction du sol pour pouvoir fuir : « Du premier au dernier coup, j'ai toujours voulu tirer par terre pour que je puisse avoir le temps de m'enfuir. Je pensais que j'étais en train de me faire poursuivre et qu'ils étaient à mes trousses. »

Ce n'est que le lendemain, a-t-il dit, qu'il a appris que Loïk Le Priol avait tiré à six reprises, touchant l'Argentin quatre fois, dont deux tirs mortels. « Quand j'ai appris la nouvelle de cette tragédie effroyable, j'ai cru que j'étais l'auteur de sa mort. » La voix tremblante, il a conclu : « Depuis cette catastrophe, je pense tous les jours à Federico Aramburu, à sa famille et à Shaun Hegarty qui a vu son ami mourir dans ses bras. »

Le Priol : « J'ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre »

Loïk Le Priol a ensuite pris la parole. S'il reconnaît avoir tiré et tué le rugbyman argentin, il nie toute préméditation. « Je suis l'auteur de la mort de Federico, mais j'ai toujours expliqué avoir tiré pour me défendre », a-t-il déclaré.

Il a ajouté : « La cour décidera si ma défense était légitime. Quelle que soit sa décision, c'est à vie que je serai condamné à porter ce drame immense. » Avant de conclure : « Je ne cesserai jamais de demander pardon à la famille. »

Quatre personnes devant la cour

Outre les deux accusés principaux, deux autres personnes comparaissent libres dans ce dossier : Lyson R. et Anthony S., soupçonnés d'avoir dissimulé des preuves et apporté une aide logistique aux accusés durant leur cavale. Le procès se poursuit devant la cour d'assises de Paris.

Source: BFM TV

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