Meurtre de Jawad à Compiègne : mère et fille en détention provisoire

Myriam Zemrak, 33 ans, et sa fille Kahyna, 18 ans, sont placées en détention provisoire après la mort de Jawad, 42 ans, battu à mort le 15 août à Compiègne.

Meurtre de Jawad à Compiègne : mère et fille en détention provisoire

Détention provisoire pour une mère et sa fille après la mort de Jawad à Compiègne

Selon Google News FR — Crime (fr), trois personnes sont placées en détention provisoire à la suite du meurtre de Jawad, 42 ans, travailleur intérimaire décédé à l'hôpital le 16 août, au lendemain d'un passage à tabac mortel survenu square Blaise-Pascal à Compiègne aux premières heures du samedi 15 août.

Parmi les mis en cause figurent Myriam Zemrak, 33 ans, vendeuse chez H&M rue Solferino en centre-ville de Compiègne, sa fille Kahyna, 18 ans, ainsi qu'un jeune homme de 20 ans dont l'identité n'a pas été communiquée.

Ce que raconte une voisine

Une habitante du même immeuble, la tour Les Vanneaux, a décrit la scène depuis sa fenêtre. « La victime, que je ne connais pas, mais qui venait régulièrement chez Myriam, était en train de râler, dans une flaque de sang », témoigne-t-elle. Les secours ont réanimé Jawad sur place, utilisant un appareil portatif pour effectuer des radios du corps. Il est décédé le lendemain à l'hôpital.

La voisine affirme avoir été tirée du sommeil par des cris. « J'ai entendu la mère dire "Kahyna, arrête" », rapporte-t-elle. Elle estime que quatre personnes encerclaient la victime : « deux femmes et deux hommes. Je ne sais pas où est passé le quatrième. »

Les charges retenues

Myriam Zemrak et l'homme de 20 ans ont été mis en examen pour meurtre commis par une personne agissant en état d'ivresse manifeste. Tous deux ont déjà été condamnés, notamment pour violences en état d'ivresse.

Kahyna, dont le casier judiciaire est vierge, est mise en examen pour complicité de meurtre commis par une personne agissant en état d'ivresse manifeste. Les trois suspects sont à ce stade présumés innocents.

Un voisinage épuisé par douze ans de nuisances

Selon la voisine, Myriam Zemrak réside dans la tour depuis douze ans. « Ça fait douze ans qu'elle est arrivée, et ça fait douze ans qu'on la met en garde contre ses addictions, à l'alcool notamment », déclare-t-elle. La mère aurait effectué une cure de désintoxication et aurait perdu temporairement la garde de ses enfants en raison de ces problèmes.

Élevée en foyer, Kahyna était revenue vivre chez sa mère depuis près d'un an, à sa majorité. Le week-end des faits, Myriam Zemrak avait également la garde d'une autre de ses filles, plus jeune, dont le père est venu la récupérer avant l'interpellation.

D'après la voisine, les policiers ont d'abord conduit l'homme de 20 ans et Kahyna au commissariat, avant de revenir chercher Myriam Zemrak, qui était remontée à son appartement entre-temps.

Les plaintes pour nuisances sonores étaient récurrentes dans l'immeuble, selon plusieurs résidents. « Même au premier étage, on souffrait », confie l'une d'elles. Le gardien de l'immeuble était intervenu sans résultat. La voisine évoque également des violences exercées par Myriam Zemrak contre une habitante du septième étage, et un placement sous bracelet électronique dans le passé.

Doutes sur la version de la défense

Interrogée sur l'hypothèse d'un règlement de comptes déclenché par une agression contre Kahyna — piste qui aurait pu expliquer le passage à tabac —, la voisine se montre sceptique. « Si c'est vrai, il y a la justice pour ça », concède-t-elle. « Mais pour moi, ça fait partie de leur défense. Je les ai vus discuter à part pendant que les secours réanimaient la victime. Peut-être qu'ils se mettaient d'accord sur une version. »

Source: Google News FR — Crime (fr)

Read this article in English