Mort d'Ismaïl dans un ascenseur à Argenteuil : un technicien et deux entreprises condamnés
Huit ans après le décès d'Ismaïl, 4 ans, coincé dans un ascenseur à Argenteuil, le tribunal de Pontoise a rendu son verdict. Sa mère salue "un soulagement".

Accident d'ascenseur fatal à Argenteuil : trois condamnations pour homicide involontaire
Huit ans après la mort de son fils, Chahra-Zad Bennabti connaît enfin le verdict. « Même si on sait que ça ne ramènera pas Ismaïl, c'est un soulagement », a-t-elle confié à TF1 Info après l'audience. Le mercredi 2 septembre, le tribunal correctionnel de Pontoise a reconnu la responsabilité pénale de trois prévenus dans la mort du petit garçon, tué le 8 juin 2018 dans le centre commercial Côté Seine à Argenteuil.
Ce jour-là, Ismaïl, 4 ans, s'apprêtait à sortir d'une cabine d'ascenseur lorsque celle-ci a chuté brusquement. L'enfant s'est retrouvé coincé au niveau du thorax entre la cage et le palier, sous les yeux de sa mère, restée bloquée à l'intérieur. Il est décédé sur place. « Je ne comprenais pas ce qui se passait. C'est vraiment au moment où j'ai entendu crier là-haut que j'ai levé la tête et j'ai vu qu'il y avait les petites jambes de mon fils qui étaient suspendues », avait déclaré Chahra-Zad Bennabti à TF1, quelques jours avant le procès.
Les peines prononcées
Le technicien en charge de la maintenance de l'appareil a été condamné à 18 mois de prison avec sursis pour homicide involontaire. Son employeur de l'époque, Bagneux Hydraulique, a écopé d'une amende de 80 000 euros, conformément aux réquisitions du parquet. L'assembleur de l'engin, TK Elevator — anciennement ThyssenKrupp —, a pour sa part été condamné à une amende de 225 000 euros, soit 75 000 euros de plus que ce que réclamait le parquet lors du procès tenu en juin.
Selon les expertises, l'ascenseur avait déjà présenté des dysfonctionnements par le passé : une fuite d'huile signalée en 2015 et un flexible mal raccordé. Au cours de l'audience, le technicien avait reconnu une erreur, sans pouvoir l'expliquer.
« Un exemple » pour la famille
L'avocat de la famille, Me Yassine Bouzrou, a salué « une bonne décision ». « Habituellement, lorsqu'il y a ce type de drame, la justice considère que ça doit se régler d'un point de vue purement civil, d'un point de vue des indemnisations, alors qu'aujourd'hui la justice a compris que ces comportements constituent des fautes pénales », a-t-il déclaré.
La mère d'Ismaïl, elle, souhaite que cette condamnation « serve d'exemple ». « On espère vraiment que ce sera une leçon pour eux aussi, pour éviter qu'il y ait d'autres drames et qu'ils évitent de négliger comme ça des ascenseurs », a-t-elle affirmé face à la caméra de TF1. Elle a également exprimé l'espoir de pouvoir enfin entamer son deuil : « On commence à avoir ce souffle qui revient, parce que la poitrine était serrée depuis huit ans. »
Contacté mercredi soir par les journalistes de TF1 Info, l'avocat de TK Elevator n'a pas souhaité réagir au jugement et a indiqué que son client se réservait le droit de faire appel.
Source: TF1 Info