Ambassadeur américain soutient Close sur la cocaïne au port d'Anvers
Le tweet de Bill White, ambassadeur américain pro-Trump, validant les propos du bourgmestre socialiste Philippe Close sur le narcotrafic à Anvers, a créé la surprise en Belgique.
Bill White, ambassadeur américain, appuie un socialiste belge sur le dossier cocaïne d'Anvers
"Philippe a raison. Plus de cocaïne est arrivée au port d'Anvers en 2023 que dans tous les ports américains combinés." C'est par ce tweet, publié jeudi soir, que Bill White, ambassadeur américain en Belgique, a pris position dans le débat politique belge sur le narcotrafic, selon La Libre.
Le message réagissait à une interview de Philippe Close, bourgmestre PS de Bruxelles-Ville, qui avait déclaré : "Nous ne comprenons pas pourquoi moins de 5 % des conteneurs du port d'Anvers sont contrôlés. 60 % de la cocaïne entrant en Europe vient de ce port, nous avons un problème."
Un soutien inattendu d'un proche de Trump
Que l'ambassadeur, réputé proche de Donald Trump et jusqu'alors élogieux envers le MR et la N-VA, valide ainsi les propos d'un élu socialiste a surpris les observateurs politiques. Dans le passé, Trump avait qualifié Bruxelles de "trou à rats". Thomas Dermine, bourgmestre PS de Charleroi, a lui-même retweeté le message de White. "C'est la première fois que Bill White, très conservateur et pro-MAGA, encense un responsable socialiste", a-t-il confié à La Libre.
Une guerre politique autour du narcotrafic
Cette séquence s'inscrit dans un conflit politique plus large. Les bourgmestres socialistes des communes les plus touchées — Saint-Gilles, Anderlecht, Bruxelles-Ville et Charleroi — accusent le gouvernement fédéral de ne pas libérer suffisamment de moyens et désignent Anvers, ville dont le Premier ministre Bart De Wever fut bourgmestre pendant treize ans.
Pour Dermine, le tweet de White constitue un message "assez frontal à l'égard de Bart De Wever". "L'échec d'Anvers est aussi celui de Bart De Wever", précise-t-il. "Comme bourgmestre, il n'aurait peut-être pas pu résoudre le problème, mais maintenant qu'il est au fédéral, il doit se saisir de cette urgence nationale."
Les chiffres de saisie donnent du poids à l'argument
Sur le fond, les données vont globalement dans le sens de l'ambassadeur. En 2023, les saisies au port d'Anvers ont atteint 116 tonnes, contre 36,8 tonnes à l'ensemble des frontières américaines. La comparaison a toutefois ses limites : elle n'inclut pas les 231 tonnes interceptées en haute mer par les gardes-côtes américains en 2025, et elle repose uniquement sur les chiffres de saisie.
"Le vrai problème, ce sont les flux de cocaïne d'Amérique du Sud vers l'Europe", insiste Dermine, qui considère qu'Anvers est "aujourd'hui un point faible à l'échelle européenne."
L'"Antwerp connection" pointée du doigt
Le bourgmestre socialiste déplore qu'Anvers ne compte que dix fois moins de policiers portuaires qu'à Rotterdam. Ce manque de contrôle résulterait, selon lui, de la volonté des responsables anversois de ne pas freiner les flux commerciaux. Le ministre des Douanes Jan Jambon (N-VA) et la ministre de la Justice Annelies Verlinden (CD&V) sont tous deux anversois, tout comme le Premier ministre De Wever.
Dermine pose dès lors la question : "On peut se demander s'il n'existe pas une forme d'«Antwerp connection» qui ferait que les intérêts du port disposent d'une oreille particulièrement attentive au niveau fédéral."
Source: La Libre