Famille agressée à Mons après un anniversaire : quatre prévenus devant le tribunal

Le 11 octobre 2025, une famille a été violemment attaquée à Mons par quatre hommes d'Houdeng-Goegnies. Le père, 66 ans, souffre encore de fractures au visage.

Famille agressée à Mons après un anniversaire : quatre prévenus devant le tribunal

Agression gratuite à Mons : un père de 66 ans toujours marqué par les coups

Le 11 octobre 2025, une famille quitte le centre-ville de Mons après une soirée d'anniversaire. Quelques instants plus tard, quatre hommes venus d'Houdeng-Goegnies les prennent pour cibles. Le père, 66 ans, est renversé au sol puis frappé à la tête à deux reprises. Son fils est touché avant même d'avoir pu réagir. L'affaire était jugée cette semaine devant le tribunal correctionnel de Mons.

DHnet rapporte que l'avocate des parties civiles, Me Ambre Biefnot, a décrit une violence sans mobile apparent. « Sans la moindre raison, ils ont cherché quelqu'un à tabasser et ils ont choisi mes clients », a-t-elle déclaré à l'audience. Elle a précisé que l'un des fils est cardiaque et a craint pour sa vie, tandis que le père « a été projeté au sol avant d'être frappé à la tête comme on shoote un penalty, à deux reprises ».

Le sexagénaire présente encore aujourd'hui de multiples fractures au visage.

La mère prend la parole

La mère de famille a pris la parole devant le tribunal, visiblement émue. « Je suis très en colère. Rien ne justifiait un tel acharnement. Depuis cette nuit-là, notre vie a changé. Mon mari se bat tous les jours pour se reconstruire et ma santé en a également souffert », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté que la force du couple réside dans le fait d'être restés unis après quarante-trois ans de mariage.

Les victimes disent avoir perdu le goût des sorties depuis l'agression. Elles n'ont plus quitté leur domicile le soir depuis cette nuit d'octobre.

Quatre prévenus reconnaissent les faits

Face au tribunal, les quatre prévenus ont tous reconnu leur responsabilité et présenté leurs excuses. L'un d'eux a expliqué ne pas avoir l'habitude de boire. Un autre, présenté comme étant à l'origine de la bagarre, a déclaré : « J'ai pété un plomb sans savoir pourquoi. » Son père, lui aussi prévenu, a exprimé ses regrets : « On était sortis pour faire la fête. Je ne voulais pas que ça se termine comme ça. » Le quatrième a conclu sobrement : « Je m'excuse. Cela n'aurait jamais dû se passer comme ça. »

Le ministère public s'appuie sur les images d'une caméra urbaine qui a filmé la scène. Le substitut a souligné que les victimes ne portaient aucun coup et ne cherchaient pas à se défendre, tandis que les suspects approchaient par derrière.

Des peines différenciées selon le nouveau Code pénal

Le parquet applique le nouveau Code pénal et individualise les responsabilités. Paradoxalement, celui qui a déclenché la bagarre encourt la sanction la plus légère : poursuivi pour coups simples, il risque une peine de niveau 1, sans emprisonnement, et le parquet propose une peine de travail. Me Arnaud Lebas a sollicité pour lui une probation autonome, invoquant un traitement médical incompatible avec l'alcool qui l'aurait rendu particulièrement agressif.

Les trois autres prévenus répondent de coups et blessures ayant entraîné une incapacité de travail. Le parquet réclame deux peines de 30 mois de prison avec sursis et une peine de deux ans avec sursis.

Me Fabrice Guttadauria, qui défend le père et le fils parmi les prévenus, plaide une simple amende pour le père et une peine de travail pour le fils. Il a qualifié leur comportement de « honteux », attribuant leurs actes à un « niveau de débilité » atteint sous l'effet de l'alcool.

Un moment insolite face aux images

L'audience a connu un moment inhabituel lorsque Me Guttadauria a projeté la vidéo de la caméra urbaine sur son téléphone pour contester l'existence d'un second coup porté par son client. Me Biefnot a sorti son propre smartphone pour lui montrer la séquence. Les deux avocats ont analysé les images côte à côte devant le tribunal pendant plusieurs minutes. Me Guttadauria a finalement reconnu son erreur : « Un corps masque effectivement le deuxième coup. Je ne l'avais pas vu. »

Le jugement n'a pas encore été rendu.

Source: DHnet