Homme abattu par la police à Trois-Rivières : la carabine de la victime était défectueuse

L'enquête du coroner sur la mort de Steeve Lanneville révèle que sa carabine .12 ne pouvait pas fonctionner. Aucune accusation criminelle ne sera déposée contre les policiers.

Homme abattu par la police à Trois-Rivières : la carabine de la victime était défectueuse

Enquête du coroner sur le décès de Steeve Lanneville à Trois-Rivières

La carabine de calibre .12 braquée par Steeve Lanneville sur des policiers le 2 novembre 2024 était hors d'état de tirer, a révélé lesoleil.com lors de l'ouverture de l'enquête du coroner au palais de justice de Trois-Rivières, lundi.

Manuel Tousignant, spécialiste en balistique judiciaire, a témoigné devant Me Dave Kimpton, qui préside l'audience. Il a confirmé que le canon de l'arme avait été mal installé, rendant son fonctionnement normal impossible. Tousignant a précisé que ce défaut n'était pas détectable à l'œil nu et que, lorsqu'il a examiné l'arme pour la première fois, rien ne lui laissait supposer qu'elle était inopérante.

Le déroulement des faits

Vers 20 h 58 ce soir-là, la conjointe de Lanneville appelle le 911, signalant que l'homme de 51 ans est verbalement agressif et semble en état de crise. Deux policiers entrent dans le logement à 21 h 09. Lanneville les accueille en pointant la carabine vers l'un des agents, qui se met immédiatement à couvert.

L'homme avance alors vers le second policier, qui tente de le neutraliser avec une arme à impulsion électrique, sans succès. Lorsque Lanneville se dirige vers le premier agent, le second policier ouvre le feu.

Steeve Lanneville a été atteint de trois projectiles dans le dos dans son logement de la rue Arthur-Vaillancourt. Il est décédé ce soir-là.

Autopsie et causes du décès

Le docteur Yann Dazé, pathologiste judiciaire, a lui aussi témoigné. Selon lui, deux des trois projectiles ont causé des blessures mortelles. Un poumon a été perforé, provoquant une hémorragie interne importante : environ 550 ml de sang ont été retrouvés autour du poumon gauche, un volume jugé suffisant pour entraîner le décès.

Le docteur Dazé a toutefois indiqué que ce type de blessure n'est pas nécessairement incompatible avec la survie. Une intervention en salle d'urgence — drainage du sang et de l'air infiltrés via les perforations, réalisée en quelques minutes — aurait pu permettre au poumon de retrouver son volume normal.

État de la victime au moment de l'intervention

L'autopsie a aussi révélé un taux d'alcoolémie de 200 mg par 100 ml de sang, confirmé par Nathalie Larue, enquêteuse du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI). Un tel taux peut provoquer confusion et désorientation. Lanneville portait par ailleurs deux timbres de fentanyl, un médicament prescrit pour une douleur chronique consécutive à un grave accident de la route subi en 1998.

Arrivée des secours

Selon le rapport du BEI, les ambulanciers sont arrivés sur place à 21 h 15, soit six minutes après les coups de feu. Ils ont constaté qu'aucune manœuvre de réanimation n'était en cours. L'homme, allongé dans le salon face à la salle de bain, n'avait plus de pouls, mais un défibrillateur a détecté une activité électrique. Les ambulanciers ont alors amorcé les manœuvres de réanimation.

Lanneville a été transporté à l'hôpital, où il a été pris en charge à 21 h 47. Son décès a été officiellement constaté à 22 h 12.

Aucune électrode provenant d'une arme à impulsion électrique n'a été retrouvée sur son corps, bien que cela n'exclue pas formellement l'utilisation de ce type d'arme, précise le rapport.

Aucune accusation criminelle

Le Bureau du directeur des poursuites criminelles et pénales avait annoncé en juillet dernier qu'aucune accusation criminelle ne serait déposée contre les policiers impliqués dans cette affaire. L'enquête du coroner se poursuit au palais de justice de Trois-Rivières.

Source: Google News MA — Crime (fr)