Policier SQ jugé pour avoir montré des images intimes à des collègues à Rivière-du-Loup
Le procès de Simon Carrier, policier de la Sûreté du Québec, s'est ouvert lundi à Rivière-du-Loup. Il est accusé d'avoir montré des images intimes de plaignantes à ses collègues.
Un agent de la SQ jugé pour distribution d'images intimes à des collègues
Le procès de Simon Carrier, policier de la Sûreté du Québec (SQ), s'est ouvert lundi au palais de justice de Rivière-du-Loup, rapporte tvanouvelles.ca. L'agent de 43 ans est accusé d'avoir montré des photos et vidéos à caractère sexuel — tirées d'un dossier d'enquête actif — à plusieurs de ses collègues dans un poste de police.
À l'été 2023, Carrier était chargé d'une enquête sur des infractions de voyeurisme et de distribution non consensuelle d'images intimes dans le Bas-Saint-Laurent. Dans ce cadre, il avait obtenu un mandat de perquisition autorisant la saisie et l'extraction des données du téléphone cellulaire du suspect visé.
C'est à l'aide de ce téléphone intelligent qu'il aurait ensuite montré, selon les accusateurs, des images de femmes dénudées à au moins quatre collègues, dans les couloirs de leur lieu de travail.
Quatre témoins sous serment
Lundi, quatre collègues de Carrier ont témoigné sous serment. L'un d'eux a décrit comment l'agent l'avait interpellé directement : « Il m'a interpellé, m'a mentionné de venir le voir, qu'il avait quelque chose de beau à me montrer. »
Un deuxième témoin a affirmé que sa première réaction avait été la surprise : « Mon premier réflexe, de surprise, a été de dire : "c'est quoi ça". » Un troisième a livré son interprétation des motifs de Carrier : « Je pense que pour lui, c'était comme un trophée d'avoir eu ça en sa possession, que ça soit lui qui traite, entre guillemets, ce dossier. »
Interrogés par la défense, les quatre témoins ont reconnu ne pas avoir signalé l'incident à leur supérieur sur le moment. Ils ont concédé qu'il peut arriver, dans un poste de police, qu'un agent consulte un collègue pour solliciter un avis sur un dossier. Ils ont cependant précisé que Carrier ne posait aucune question de nature judiciaire ou policière lors de ces interactions, et qu'ils n'y percevaient aucun lien avec son enquête pour voyeurisme.
Faits reprochés entre juillet et octobre 2023
Selon l'acte d'accusation, les faits reprochés se seraient produits entre juillet et octobre 2023, à Témiscouata-sur-le-Lac, La Romaine « et/ou » Rimouski. Carrier fait ainsi face aux mêmes types d'accusations que le suspect qu'il était censé investiguer.
Un porte-parole de la SQ, contacté en fin d'après-midi lundi, n'a pas été en mesure de confirmer si Carrier occupe toujours un poste au sein du corps de police.
Ce n'est pas la première comparution de l'accusé devant un tribunal. En 2017, il avait reconnu avoir fourni de fausses informations à ses collègues de la SQ ; il avait alors obtenu une absolution conditionnelle et était par conséquent réputé sans antécédents judiciaires.
Le procès, qui se déroule à Rivière-du-Loup, est prévu pour une durée de cinq jours.
Source: Google News CA — Québec (FR)