Meurtre de Thomas à Crépol : 11 accusés renvoyés aux assises avec circonstance aggravante de racisme anti-blanc
Onze accusés dans l'affaire de la mort de Thomas Perotto à Crépol seront jugés en cour d'assises des mineurs, avec la circonstance aggravante de racisme envers "la race blanche et la nation française".

Affaire Crépol : renvoi aux assises avec la circonstance aggravante de racisme anti-blanc retenue
Des juges d'instruction ont ordonné le renvoi de onze accusés devant une cour d'assises des mineurs dans l'affaire du meurtre de Thomas Perotto, tué à Crépol (Drôme) dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, a rapporté franceinfo.fr vendredi 25 septembre. La décision retient notamment la circonstance aggravante de racisme envers « la race blanche et la nation française » — une qualification que le parquet de Valence avait pourtant contestée dans son réquisitoire définitif rendu le 17 août.
Les faits retenus par l'ordonnance de mise en accusation
Selon l'ordonnance à laquelle franceinfo.fr a eu accès, les magistrats instructeurs ordonnent que les onze accusés soient jugés pour meurtre et tentative de meurtre, pour avoir volontairement donné la mort à Thomas Perotto et tenté de tuer trois autres personnes. La circonstance aggravante tient aux propos tenus contre « la race blanche et la nation française » lors des faits. Un douzième suspect est, quant à lui, renvoyé pour violences. Tous conservent la possibilité de faire appel de cette ordonnance de renvoi.
Selon Le Monde, cité par franceinfo.fr, les juges d'instruction estiment qu'il existe « une concordance parmi les témoignages quant à l'existence de propos discriminatoires ». Les magistrats avaient reçu des observations de certaines parties civiles avant de retenir cette qualification, estimant que les faits avaient été commis en raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime « à une prétendue race, ethnie, nation ou une religion déterminée, en l'espèce la race blanche et la nation française ».
Le parquet avait écarté le caractère raciste
Le parquet de Valence avait pris une position inverse dans son réquisitoire définitif de mi-août. Les procureurs considéraient que les témoignages invoqués à l'appui de la circonstance aggravante étaient « minoritaires, parfois imprécis voire contradictoires, et insuffisants » pour caractériser l'accusation. Cette divergence entre parquet et juges d'instruction est au cœur des critiques formulées par la défense.
La défense annonce un appel immédiat
« Cette ordonnance de mise en accusation est une surprise et est incompréhensible », a déclaré vendredi Alain Fort, l'un des avocats des accusés, auprès d'ICI Drôme Ardèche. Fort dénonce en particulier le fait que la circonstance aggravante de racisme ait été retenue : « Ce sont les magistrats instructeurs eux-mêmes qui avaient initialement écarté cette circonstance aggravante de racisme à l'ouverture de leur instruction. » Selon lui, « il n'y a pas l'ombre d'un élément nouveau permettant d'étayer cette circonstance aggravante ». « Il est évident que nous allons faire appel de cette ordonnance, qui paraît dénuée de tout fondement », a-t-il conclu.
Des avocats de la défense avaient par ailleurs déjà demandé la récusation des juges d'instruction et la nullité de la circonstance aggravante de « racisme anti-blanc », selon franceinfo.fr.
Le contexte : une rixe mortelle lors du bal de l'hiver
Dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023, des jeunes venus pour certains du quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère s'étaient battus avec un groupe de jeunes de Crépol à l'issue du « bal de l'hiver » du village. Dans un contexte confus, des couteaux avaient été sortis. Quatre personnes avaient été grièvement blessées, dont Thomas Perotto, lycéen de 16 ans et amateur de rugby, mort lors de son transfert vers l'hôpital.
À la suite des interpellations, 14 jeunes hommes avaient été mis en examen, tous pour meurtre et tentatives de meurtre en bande organisée. Aucun d'entre eux n'a jamais reconnu avoir porté le coup mortel. En juin dernier, le parquet avait requis le renvoi devant une cour d'assises de 11 des mis en cause pour homicide et tentative d'homicide.
Source: Le Monde - Justice