Trafic de cocaïne entre l'Espagne et le Gard : six ans ferme pour deux hommes de 34 ans

Deux Gardois condamnés à six ans de prison ferme pour un trafic de 8 kg de cocaïne entre l'Espagne et la région de Saint-Gilles, valeur estimée à 495 000 €.

Trafic de cocaïne entre l'Espagne et le Gard : six ans ferme pour deux hommes de 34 ans

Six ans ferme pour un trafic de huit kilos de cocaïne entre l'Espagne et le Gard

Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné mercredi Benjamin S. et Miloud C., tous deux âgés de 34 ans, à six ans d'emprisonnement ferme pour avoir participé à un trafic de cocaïne entre l'Espagne et la région de Saint-Gilles, dans le Gard. Le parquet avait requis huit ans. Selon midilibre.fr, qui a suivi l'audience, la drogue saisie — huit kilogrammes dissimulés dans une cache aménagée dans un véhicule — représentait une valeur marchande estimée à 495 000 euros au détail.

Les gendarmes de la section de recherches de Nîmes ont interpellé les deux hommes le 23 juin dernier après les avoir filés, parfois en temps réel. Chacun circulait dans un véhicule distinct : l'un conduisait la voiture chargée, l'autre ouvrait la route pour repérer la présence de policiers, de gendarmes ou de douaniers. C'est un renseignement reçu par les gendarmes qui avait déclenché les investigations.

Un rôle de « petites mains » revendiqué

Lors de l'audience, les deux prévenus ont limité leur aveu à celui d'exécutants. Celui qui tenait le rôle d'éclaireur a déclaré : « Mon rôle, c'était l'ouvreuse. » Il a précisé avoir perçu 1 700 euros pour cette mission, refusant de livrer le nom des organisateurs du réseau. Le conducteur du véhicule transportant la drogue a, quant à lui, affirmé ignorer le contenu de la voiture qu'il conduisait. « Je me suis laissé embarquer dans un trafic pour gagner quelques sous », a-t-il déclaré devant le tribunal, suggérant qu'un bracelet électronique suffirait à sa situation.

L'enquête a mis en évidence des déplacements transfrontaliers réguliers et des retours d'Espagne. La cache, soigneusement intégrée dans l'habitacle du véhicule, a été décrite par les enquêteurs comme le signe d'un certain professionnalisme dans l'organisation du trafic.

Un dossier renvoyé à trois reprises

Ce mercredi marquait la troisième comparution des deux hommes devant le tribunal correctionnel de Nîmes. L'affaire avait d'abord été reportée pour permettre à la défense de se préparer, puis un supplément d'enquête avait été accordé afin de traduire un document en provenance des autorités espagnoles. Avant que le procès ne puisse démarrer, les avocats de la défense, Mes Hugo Ferri et Cyril Caron, ont soulevé des irrégularités de procédure. Le tribunal a choisi de joindre ces exceptions au fond, examinant nullités et faits dans une même décision.

Le parquet évoque des milliers de victimes potentielles

Le procureur adjoint Stéphane Bertrand a insisté sur la gravité des faits, soulignant que les deux hommes avaient déjà des antécédents en matière de stupéfiants. Selon lui, une quantité de cocaïne de ce niveau « va empoisonner plusieurs milliers de personnes » dans la région. Il a qualifié les deux prévenus de « récidivistes qui, sans vergogne, font entrer de la cocaïne sur le territoire national », appelant le tribunal à leur « signifier l'extrême gravité de ce qu'ils ont commis ». Il avait requis huit ans de prison ferme et le maintien en détention pour chacun.

Mes Ferri et Caron ont tenté de circonscrire la responsabilité de leurs clients à celle de simples exécutants, Me Ferri estimant que les peines requises étaient « vertigineuses ». Après délibéré, le tribunal a écarté les nullités soulevées par la défense et prononcé une peine de six ans ferme contre chacun des deux hommes, assortie du maintien en détention.

Un secteur déjà marqué par le trafic de cocaïne

La région de Saint-Gilles, désignée comme l'un des points d'écoulement du produit, a déjà été touchée par plusieurs affaires de cocaïne d'un niveau comparable, selon les éléments rappelés à l'audience. Le kilo de cocaïne se négocie dans ce type de circuit entre 25 000 et 30 000 euros, selon les estimations avancées lors du procès.

Source: Google News FR — Crime (fr)

Read this article in English