Racket à Marseille : des restaurants du Panier ciblés, jusqu'à 80 000 € réclamés

Des restaurateurs du quartier du Panier à Marseille sont victimes de tentatives de racket et d'intimidations depuis l'été. Le 25 août, deux hommes cagoulés ont tenté d'incendier un établissement.

Racket à Marseille : des restaurants du Panier ciblés, jusqu'à 80 000 € réclamés

Tentatives de racket dans le Panier : un gérant s'interpose face à des hommes cagoulés

Selon France Info, des restaurateurs du quartier du Panier, à Marseille, font face à une vague de tentatives de racket depuis l'été 2025. Des dégradations répétées ont été signalées, culminant avec une tentative d'incendie dans la nuit du mardi 25 août.

Il est 22h50 lorsque deux hommes cagoulés font irruption dans un restaurant du quartier, quelques minutes avant sa fermeture. Deux clients sont encore attablés. L'un des individus pénètre dans la salle avec un jerrican rouge rempli d'essence, qu'il répand sur le sol, éclaboussant au passage un client qui prend aussitôt la fuite.

Le gérant de l'établissement se jette alors sur le second homme, qui s'apprêtait à mettre le feu. « C'est de l'adrénaline, et le fait de vouloir protéger mes équipes, c'est surtout ça », a-t-il expliqué par téléphone à France Info. Le complice quitte les lieux pendant que la bagarre se poursuit à l'extérieur. L'homme cagoulé parvient finalement à s'échapper après s'être débattu violemment. À quelques secondes près, le restaurant partait en flammes.

« C'est pas quelque chose que je vis au quotidien. Je suis pas un militaire, je suis pas un soldat, je suis rien. Ça fait cinq ans que je suis là, c'est jamais arrivé. On sait rien, on sait pas. Tout le monde est surpris de ce qui se passe ici », a ajouté le gérant.

Plus tard dans la soirée, les caméras de vidéosurveillance de la ville ont permis l'interpellation d'un des suspects à cinq kilomètres du restaurant.

Des gangs de mineurs au service de réseaux criminels

Cet incident s'inscrit dans un phénomène plus large. Ces derniers mois, les petits commerces marseillais sont de plus en plus fréquemment pris pour cibles par des gangs, souvent composés de mineurs, recrutés par des organisations criminelles et des narcotrafiquants.

Rudy Manna, porte-parole du syndicat UNSA Police, décrit un mode opératoire qui touche une grande variété d'établissements. « Nous, on est tous surpris par ce genre de phénomène. Des restaurants, des bars, des points de presse, des tabacs. On a des individus relativement jeunes qui viennent menacer, qui viennent intimider, qui demandent de payer mensuellement des sommes qui sont quand même relativement importantes », affirme-t-il.

Bernard Marty, président de l'UMIH des Bouches-du-Rhône, syndicat représentant les professionnels de la restauration, détaille la mécanique de ces rackets. « On a une équipe de gamins qui se pointe à la porte de l'établissement, qui demande à voir le propriétaire. Quand le propriétaire sort dans la rue, on lui passe un téléphone avec un mec qui le menace en lui réclamant de l'argent. On me disait qu'à certains établissements, on leur demandait 80 000 euros », précise-t-il.

57 faits recensés, mais des victimes qui n'osent pas porter plainte

La préfecture de police fait état de 57 faits de racket de commerces constatés en 2025. Ce chiffre reste cependant très en deçà de la réalité, selon les professionnels du secteur : la majorité des victimes refuse de déposer plainte par crainte de représailles.

Cette sous-déclaration complique la réponse des autorités face à un phénomène qui, d'après les représentants du secteur, s'est nettement intensifié ces derniers mois à Marseille.

Source: France Info

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