Trafic de drogue en Thaïlande : une quinzaine de jeunes Français piégés par de fausses offres de vacances

Des jeunes Français sont détenus en Thaïlande après avoir transporté du cannabis dans leurs bagages, attirés par des offres de voyages gratuits sur les réseaux sociaux.

Trafic de drogue en Thaïlande : une quinzaine de jeunes Français piégés par de fausses offres de vacances

Des « plans Thaïlande » qui cachent un réseau de trafic de drogue

Une quinzaine de jeunes Français se retrouvent actuellement détenus en Thaïlande, accusés de trafic de stupéfiants. Selon rtl.fr, ils avaient répondu à des annonces publiées sur les réseaux sociaux promettant des vacances entièrement prises en charge, en échange du transport d'une valise présentée comme contenant du matériel informatique.

Ces offres, baptisées « plans Thaïlande », se diffusent sur les réseaux sous couvert d'une activité commerciale légale. Le recruteur s'y présente comme gérant « une activité d'achat-revente de smartphones », et recherche un « profil sérieux, fiable, ponctuel ». La mission, déclinée en six étapes, se résume à ramener en France une valise « remplie de téléphones » — en réalité chargée de drogues.

La mère de Mathis, 19 ans, témoigne

La mère de Mathis, 19 ans, actuellement incarcéré en Thaïlande, a témoigné sur M6. « C'était comme une colonie de vacances. On leur donnait l'argent de poche, ils faisaient ce qu'ils voulaient. Voyage tout compris, pourquoi pas ? » raconte-t-elle.

Le 16 juillet, elle reçoit un appel de son fils, bloqué à l'aéroport. « Je suis tombée en larmes. C'est là que j'ai compris qu'il avait transporté une valise avec du cannabis et qu'on demandait 14 200 euros pour 18,75 kilos », poursuit-elle. Elle ajoute : « On espère qu'on arrivera à le faire sortir. Je sais très bien que là, mon fils, il n'est pas bien. »

Un ciblage délibéré de profils vulnérables

Pour Maître Sarah Georgette, avocate spécialisée en cybercriminalité, la mécanique de recrutement est rodée. « Vous cherchez des jeunes vulnérables qui ne réfléchissent pas beaucoup. Le trafic s'est adapté, il fait de jolies annonces par ChatGPT qui sont publiées sur des réseaux. C'est le terreau parfait », explique-t-elle.

Les annonces, soignées dans leur présentation, ciblent des jeunes en quête d'opportunités et peu susceptibles de s'interroger sur leur légalité. Le recours à des outils de génération automatique de texte leur confère un aspect professionnel qui renforce leur crédibilité.

Des peines pouvant dépasser dix ans de prison

Pour ceux qui se font interpeller par les autorités thaïlandaises, les sanctions sont sévères : jusqu'à dix ans de prison, voire davantage. Maître Georgette met en garde contre toute illusion sur la défense par la naïveté.

« Vous avez des autorités locales qui sont engluées dans le trafic de stupéfiants depuis des dizaines d'années. Certaines voudront en faire des exemples. Plaider la naïveté, parce que c'est la seule défense et que c'est probablement la vérité, ne garantit ni l'immunité, ni le retour sain et sauf », avertit-elle.

La situation des jeunes détenus illustre l'ampleur d'une filière organisée qui exploite la méconnaissance des risques juridiques à l'étranger et la promesse d'argent facile pour recruter des passeurs involontaires — ou du moins non informés des véritables enjeux de leur mission.

Source: Le Monde - Justice

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