Archives déclassifiées : New York a dissimulé les risques de l'air toxique après le 11-Septembre

New York publie 170 000 documents révélant que les autorités connaissaient les dangers de l'air autour de Ground Zero. Des dizaines de milliers de personnes ont développé des cancers liés à cette exposition.

Archives déclassifiées : New York a dissimulé les risques de l'air toxique après le 11-Septembre

170 000 documents déclassés sur la qualité de l'air à Ground Zero

La ville de New York a rendu public, mardi 8 septembre, quelque 170 000 documents portant sur la qualité de l'air aux abords du World Trade Center après les attentats du 11 septembre 2001. Selon information.tv5monde.com, ces archives montrent que les autorités municipales étaient au courant des risques sanitaires liés à la pollution, alors même qu'elles affirmaient publiquement que l'air était sans danger.

C'est le maire de New York, Zohran Mamdani, qui a présenté ces documents déclassifiés à la presse. Ils doivent, selon lui, permettre de mieux comprendre la réponse des autorités dans les semaines et les mois qui ont suivi les attaques. Ce jour-là, deux avions détournés par des terroristes d'Al-Qaïda avaient percuté les tours du World Trade Center, qui s'étaient effondrées, causant près de 3 000 morts.

Le "Harding Memo" et les risques de poursuites

Une partie des documents concerne directement la présence de substances dangereuses à proximité de "Ground Zero", le site des anciennes tours jumelles. Parmi les pièces les plus significatives figure le "Harding Memo", une note adressée à Robert Harding, alors adjoint au maire. Ce document, rapporté par CBS News, évoque les risques de poursuites judiciaires liés à l'exposition aux substances toxiques et au manque d'équipements de protection mis à disposition des travailleurs et des premiers intervenants.

À l'époque des faits, les autorités avaient pourtant répété à plusieurs reprises que l'air dans les environs du site était respirable sans danger. Le New York Times souligne que ces nouvelles archives établissent que la municipalité détenait des informations contraires à ce discours officiel.

Un manque de transparence sur plusieurs administrations

Pour Zohran Mamdani, maire actuel de New York, ces documents illustrent un défaut de transparence qui a perduré sous plusieurs administrations municipales successives. Il estime que les personnes exposées à Ground Zero auraient dû être informées de manière bien plus claire des dangers potentiels pour leur santé.

Les conséquences sanitaires du 11-Septembre restent aujourd'hui considérables. Des milliers de premiers intervenants, de travailleurs ainsi que de résidents ou employés situés à proximité du World Trade Center ont été exposés aux poussières et aux fumées dégagées par l'effondrement des tours. Le World Trade Center Health Program assure depuis plusieurs années le suivi médical des personnes souffrant de pathologies liées à cette exposition.

Selon les données citées par CNN et le 9/11 Memorial, des dizaines de milliers de personnes ont été diagnostiquées avec des cancers reconnus dans le cadre de ce programme de santé. Le maire Mamdani a insisté sur le fait que le nombre de malades continue d'augmenter, près d'un quart de siècle après les attentats.

Des documents retrouvés dans un bureau municipal en 2025

Une part importante des archives publiées ce mardi provenait de 68 boîtes de documents découvertes en 2025 dans un bureau de la municipalité. Pendant des années, des survivants, des familles de victimes et des associations de défense des premiers intervenants avaient réclamé l'accès à ces dossiers.

L'organisation 9/11 Health Watch avait notamment engagé des procédures judiciaires pour en obtenir la divulgation. La ville a désormais mis en place un portail public permettant de consulter gratuitement l'ensemble des documents. De nouvelles archives doivent être ajoutées progressivement au cours des prochains mois.

Pour les familles et les survivants, cette publication constitue une étape importante dans la recherche de réponses sur la gestion de la crise sanitaire qui a suivi les attentats.

Source: Google News LU FR