18 ans requis contre Antonio Ferrara pour braquage avorté d'un centre-fort en Allemagne

Le parquet de Bruxelles a requis 18 ans de prison contre le braqueur français Antonio Ferrara, impliqué dans un projet de hold-up en Allemagne. Neuf coprévdéfense a quitté la salle après un clash avec le tribunal.

Peines lourdes réclamées contre Ferrara et ses complices dans l'affaire du centre-fort allemand

Le parquet de Bruxelles a requis lundi 18 ans de prison à l'encontre d'Antonio Ferrara, braqueur français multirécidiviste connu sous le surnom de "roi de la belle", selon DHnet. Des peines de dix et quinze ans ont été réclamées contre ses neuf coprévenus, tous soupçonnés d'avoir planifié depuis Eupen le cambriolage d'un centre-fort en Allemagne — un établissement où les banques centralisent leurs liquidités et objets de valeur — prévu pour le 27 février 2025.

La substitut du procureur du Roi a estimé, malgré les dénégations générales, qu'aucun doute ne subsistait quant à la participation des dix prévenus à ce projet "audacieux mais avorté". Les suspects avaient été identifiés simultanément par les autorités françaises, belges et allemandes. Une équipe commune d'enquête franco-belge avait été constituée, les dix hommes placés sous écoutes, puis interpellés le jour même prévu pour le passage à l'acte.

Avocats de Ferrara quittent la salle

L'audience du lundi s'était ouverte sur un incident procédural. La défense de Ferrara — composée de Me Olivier Martins, Me Philippe Dehapiot et Me Henri Canet — a déposé une nouvelle demande de récusation des juges, réitérant une requête déjà rejetée lors d'une précédente audience. Le siège a écarté cette demande, estimant ne pas être lié par son caractère suspensif.

Le ton est rapidement monté entre les avocats et le tribunal. Faute d'accord, les trois défenseurs ont quitté la salle, laissant Ferrara, selon ses propres termes, "orphelin". L'affaire a repris là où elle s'était arrêtée le 26 mai dernier, à la clôture de l'instruction d'audience.

Contestations générales, un seul aveu partiel

Lors des auditions du jour, les cinq prévenus entendus ont nié toute participation au projet. Seul T.B., propriétaire de l'un des quatre véhicules saisis le 27 février, a fourni une explication : il aurait été recruté pour un "go fast", chargé selon ses dires d'"aller chercher de l'herbe". Les prévenus interrogés lors des audiences précédentes, dont Ferrara lui-même, avaient refusé de répondre aux questions des juges.

Tentative de meurtre et arsenal de guerre

Le 27 février, lors de leur interpellation, un des véhicules en fuite a failli percuter un agent des unités spéciales de la police fédérale. Le prévenu Y.B. est de ce fait également poursuivi pour tentative de meurtre. La magistrate a requis 18 ans de prison à son encontre, au même titre que Ferrara et deux autres prévenus se trouvant en état de récidive.

Les perquisitions conduites dans le cadre de l'enquête avaient mis au jour un arsenal comprenant des armes automatiques, des armes de poing, des explosifs ainsi que de faux uniformes de police.

Le procès se tient devant la 46e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles. La décision des juges est attendue dans les prochaines semaines.

Source: DHnet

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