Affaire Dutroux : ce qui a changé en 30 ans pour protéger les enfants
Trente ans après la marche blanche, Child Focus et la police fédérale ont profondément réformé la recherche d'enfants disparus en Belgique.
Trente ans après la marche blanche : bilan des réformes pour la protection de l'enfance
Le 20 octobre 1996, 300.000 Belges descendaient dans les rues de Bruxelles lors de la marche blanche, sous le choc de l'affaire Dutroux et en colère contre les défaillances de la police et de la justice. Selon rtl.be, Nel Broothaerts, directrice générale de Child Focus, et la journaliste Dominique Demoulin ont dressé, trente ans plus tard, un bilan des transformations opérées depuis.
Une prise en charge professionnalisée
La recherche des enfants disparus a été profondément restructurée depuis les années 1990. La police fédérale et Child Focus ont développé une expertise spécifique pour soutenir les enquêtes. L'organisation est désormais présente jour et nuit auprès des familles des victimes. « Quand un enfant disparaît, ce sont les moments les plus atroces de la vie d'un parent », souligne Nel Broothaerts.
À l'époque de l'affaire Dutroux, c'étaient les parents eux-mêmes qui photocopiaient les photos de Julie et Mélissa pour les afficher dans les commerces du quartier, rappelle Dominique Demoulin. Child Focus et la cellule des personnes disparues prennent aujourd'hui en charge l'ensemble de ce travail de diffusion et de coordination.
Des outils techniques et juridiques inédits
Sur le plan technologique, les autoroutes belges, quasi dépourvues de caméras en 1996, sont aujourd'hui équipées de caméras ANPR capables de lire et d'enregistrer les plaques d'immatriculation en temps réel.
La journaliste pointe également un dysfonctionnement structurel de l'époque : « C'est la gendarmerie qui voulait garder pour elle cette affaire, qui voulait faire cavalier seul et qui n'a pas partagé ces informations. » Le nom de Dutroux était pourtant apparu très tôt dans l'enquête. La loi impose désormais aux services de police de partager leurs informations entre eux, une obligation absente en 1996.
Une récidive jugée moins probable, mais pas impossible
La question d'une nouvelle affaire comparable reste posée. Nel Broothaerts répond avec prudence : « J'espère sincèrement que ça ne peut plus jamais arriver. Mais on ne peut jamais regarder dans la tête de quelqu'un qui veut faire du mal à nos enfants. »
Dominique Demoulin juge pour sa part les services « beaucoup plus professionnels aujourd'hui » qu'au moment des faits. Les réformes consécutives à la marche blanche ont transformé en profondeur la manière dont la Belgique gère les disparitions d'enfants — sans pour autant garantir qu'un tel drame ne pourrait plus se reproduire.
Source: Google News BE FR