Bruxelles ouvre son 19e hotspot antidrogue rue Gray à Ixelles
Le quartier de la rue Gray, près de la place Flagey à Ixelles, est classé en zone "hotspot" pour lutter contre le trafic de drogue. Bruxelles compte désormais 19 de ces périmètres renforcés.

Ixelles rejoint la carte des hotspots antidrogue bruxellois
La rue Gray, à deux pas de la place Flagey dans la commune d'Ixelles, vient d'être classée en zone "hotspot" par les autorités locales, rapporte RTBF Info. Si les rues y sont relativement calmes en journée, le trafic de drogue s'y installe régulièrement en soirée — un phénomène documenté depuis plusieurs années.
Le bourgmestre Romain de Reusme (PS) a annoncé une série de mesures concrètes : installation de caméras de surveillance, fermeture d'un établissement horeca soupçonné de soutenir le trafic, et désormais, le statut de hotspot qui, selon lui, « va faciliter les contrôles et les démarches administratives pour lutter contre le trafic de drogue ».
Des riverains partagés sur l'efficacité du dispositif
Dans le quartier, les nouvelles mesures sont globalement bien reçues. « Il y a beaucoup plus de surveillance, la police passe de plus en plus et donc on voit moins de trafic », témoigne un riverain. Certains habitants restent toutefois sceptiques. « Ça peut aider mais pas beaucoup, estime une passante. Ils voient, mais ils ne prennent pas les gens. Ils ne font pas les contrôles comme il faut. »
Ce 19e hotspot s'ajoute aux dix-huit zones déjà actives dans la capitale. La stratégie comporte un risque reconnu : le déplacement des trafics vers des rues adjacentes.
Le ministre-président bruxellois appelle à une évaluation continue
Boris Dillies (MR), ministre-président de la Région bruxelloise, reconnaît explicitement cette limite. « Dans certains cas, on constate que les hotspots donnent des résultats et puis, il y a évidemment le principe de déplacement que l'on doit évaluer », déclare-t-il. « Je ne considère pas qu'un hotspot, abracadabra, va tout régler, mais il y a une certitude, c'est qu'on travaille avec un focus très fort d'actions policières et judiciaires sur ces quartiers. »
La commissaire aux drogues plaide pour une approche complémentaire
Ine Van Wymersch, commissaire nationale aux drogues, insiste sur la nécessité d'aller au-delà du seul volet sécuritaire. « C'est une première phase mais il faut aussi travailler sur un règlement communal préventif qui protège les commerçants honnêtes et qui évite que des commerçants malhonnêtes s'occupent du blanchiment d'argent », explique-t-elle. Elle appelle également à « activement travailler sur les jeunes et les orienter vers l'enseignement ou l'emploi ».
Depuis leur entrée en vigueur, les hotspots se sont multipliés dans la capitale avec des résultats partiels, sans pour autant mettre fin au trafic. Les acteurs régionaux réclament désormais une meilleure coordination au niveau national pour amplifier l'effet de ces mesures.
Source: RTBF Info