Père de six enfants jugé à Mons pour violences graves sur sa famille à Cuesmes

Un père comparaît devant le tribunal correctionnel de Mons pour violences physiques et psychologiques sur sa femme et ses enfants. Le parquet réclame cinq ans de prison avec sursis probatoire.

Père de six enfants jugé à Mons pour violences graves sur sa famille à Cuesmes

Pieds brûlés et cheveux rasés : un père jugé pour violences familiales à Cuesmes

Un père de six enfants a comparu devant le tribunal correctionnel de Mons pour des faits présumés de violences physiques et psychologiques commis sur son épouse et plusieurs de ses enfants. Selon DHnet, le parquet réclame une peine de cinq ans de prison assortie d'un sursis probatoire.

Les témoignages recueillis auprès des victimes dressent un tableau particulièrement sombre. Un enfant aurait été attaché à une planche en bois avant que son père ne lui brûle les pieds à l'aide d'un couteau chauffé. Un autre dit avoir subi une coupe de cheveux imposée de manière grossière, dans un but d'humiliation. Un troisième évoque des menaces de défenestration, tandis qu'un quatrième dénonce l'utilisation d'un taser — une arme de ce type a effectivement été découverte lors de la perquisition du domicile.

L'épouse du prévenu aurait également été la cible de menaces répétées. « Soit je t'envoie à l'hôpital, soit tu vas dans la rue », lui aurait lancé son mari à plusieurs reprises.

Le prévenu, d'origine marocaine, est poursuivi pour traitements inhumains et dégradants, coups, menaces, harcèlement et détention d'armes. Il conteste la plupart des faits qui lui sont reprochés et a invoqué à la barre des « différences culturelles » en matière d'éducation. Son avocat, Me Godeau, a demandé au tribunal de tenir compte du parcours de son client, lui-même élevé dans un environnement marqué par la violence paternelle.

Premières alertes en juillet 2024

La famille est arrivée en Europe au début des années 2000. Après avoir séjourné en Espagne puis en France, elle s'est établie à Cuesmes, dans l'entité de Mons, en 2022.

Les premières inquiétudes remontent à juillet 2024, lorsque la police intervient après la fugue d'une des filles du couple. L'adolescente est retrouvée portant une perruque ; selon l'enquête, son père lui aurait coupé les cheveux de façon grossière peu avant.

Le 26 janvier 2025, cette même jeune fille contacte les services de police pour signaler les violences exercées par son père sur les membres de la famille. « Quand la patrouille arrive sur place, la maman et les enfants sont apeurés. La maman déclare être victime de maltraitances physiques et psychologiques. Quant au père, il reste très calme au moment d'être privé de liberté », a rapporté le substitut du procureur du roi lors de l'audience.

Photos et vidéos remises aux enquêteurs

L'enquête déclenchée à la suite de cette intervention a permis de recueillir les déclarations de plusieurs enfants. L'un d'eux a remis aux enquêteurs des photographies et des vidéos. Le ministère public considère ces éléments comme des preuves matérielles venant étayer les accusations.

Les investigations menées dans le milieu scolaire ont par ailleurs révélé que plusieurs enfants pleuraient régulièrement à l'école. Un seul aurait toutefois confié au personnel scolaire les violences qu'il disait subir à son domicile.

Le prévenu a fait l'objet d'une expertise en santé mentale. Les experts décrivent un homme ayant tendance à se surestimer et portant un regard particulièrement critique sur l'évolution de la société, qu'il perçoit comme étant en déclin sur le plan éducatif. Ils soulignent également sa dangerosité et évoquent un risque important de récidive.

La défense plaide la suspension du prononcé

Pour le ministère public, l'ensemble des éléments recueillis justifie une condamnation à cinq ans de prison avec sursis probatoire. La défense sollicite, quant à elle, une suspension probatoire du prononcé. Me Godeau a rappelé que son client ne présente aucun antécédent judiciaire en Belgique, qu'il exerce la profession de chauffeur routier et que son éducation a elle-même été marquée par la violence de son propre père.

Depuis les faits, l'épouse et les enfants auraient quitté la Belgique pour retourner vivre en Espagne. Le prévenu, de son côté, souhaiterait regagner le Maroc.

Le tribunal a pris l'affaire en délibéré. Le jugement est attendu à la mi-novembre.

Source: DHnet

Read this article in English