Procès Falzone : l'avocat dépose un pourvoi en cassation après 27 ans de réclusion
Paolo Falzone, condamné à 27 ans pour le drame de Strépy-Bracquegnies, s'est pourvu en cassation. Son avocat conteste l'intention homicide retenue par la cour d'assises.
Paolo Falzone en cassation : la défense conteste l'intention homicide
Paolo Falzone engage une nouvelle étape judiciaire. Condamné à 27 ans de réclusion criminelle pour le drame de Strépy-Bracquegnies, le chauffard a déposé un pourvoi en cassation, annonce DHnet. La Cour de cassation ne rejugera pas le fond de l'affaire : elle se prononcera uniquement sur la légalité de l'arrêt rendu par la cour d'assises.
C'est sur ce terrain strictement juridique que Me Frank Discepoli, avocat de Falzone, construit son attaque. Dans un document de neuf pages transmis à la Cour de cassation, il soulève plusieurs éléments qu'il estime contraires au droit.
L'intention homicide au cœur du litige
Le grief principal porte sur l'intention homicide retenue contre son client. La cour d'assises a considéré que le véhicule avait été utilisé comme une arme. Pour la défense, cela ne démontre pas pour autant que Paolo Falzone avait conscience d'agir dans cette intention.
En termes juridiques, Me Discepoli estime que « l'intention de donner la mort n'est pas établie ». Selon lui, aucune décision délibérée de percuter le groupe ne peut être imputée à son client, contrairement à ce que retient l'arrêt.
La défense conteste également le caractère volontaire de la collision elle-même. Pour l'avocat, l'impact n'était pas délibérément provoqué par Paolo Falzone, mais résulte d'une situation hypothétique non intentionnelle.
Un freinage contesté
Un autre argument central repose sur une contradiction que la défense croit déceler entre la motivation de la cour d'assises et le rapport de l'expert automobile.
L'arrêt invoque l'absence de freinage avant l'impact pour établir l'intention homicide. Or, selon Me Discepoli, l'expert mentionne bien un freinage d'urgence — tardif et insuffisant, certes, mais un freinage réel. Le rapport précise que ce freinage est intervenu 1,19 seconde avant l'impact, une donnée que la défense juge déterminante.
L'avocat en tire une conclusion directe : « Quand on a l'intention de tuer, on ne freine pas. » C'est sur ce raisonnement que la défense s'appuie pour contester la logique suivie par la cour d'assises.
Prochaine étape : la recevabilité
La Cour de cassation devra d'abord se prononcer sur la recevabilité du pourvoi. Si celui-ci est accepté, elle examinera les différents moyens juridiques soulevés par Me Discepoli. Aucune date d'audience n'a été communiquée à ce stade.
Source: DHnet