Procès Ullens à Nivelles : la famille de la baronne réfute le portrait dressé par la défense

Le procès de Nicolas Ullens, accusé d'avoir assassiné sa belle-mère la baronne Myriam Ullens-Lechien en mars 2023, s'ouvre ce jeudi à Nivelles.

Procès Ullens à Nivelles : la famille de la baronne réfute le portrait dressé par la défense

La famille de la baronne Ullens-Lechien prend la parole avant le procès de Nivelles

Le procès de Nicolas Ullens s'est ouvert ce jeudi matin au tribunal de Nivelles, en Brabant wallon. L'accusé est poursuivi pour l'assassinat de sa belle-mère, la baronne Myriam Ullens-Lechien, abattue de six balles devant son domicile d'Ohain, à Lasne, le 29 mars 2023. Selon lavenir.net, les enfants de la victime, Virginie et Gilles, se sont réunis à Nivelles pour affronter, pour deux semaines, le regard de l'accusé.

Virginie, la fille de Myriam, réside désormais aux États-Unis. Son frère Gilles est installé à Paris. Accompagnés de leurs conjoints, ils sont présents pour suivre les débats.

"Elle a été exécutée"

Leur avocat, Me Laurent Kennes, a pris la parole avant la constitution du jury. "Les enfants attendent de ce procès que les faits soient reconnus comme cela s'est déroulé et que la vérité soit dite", a-t-il déclaré. "Ils sont convaincus qu'il s'agit bien d'un assassinat."

Au-delà du deuil, une nouvelle blessure s'est ouverte au fil de la procédure. Me Kennes dénonce les déclarations de l'accusé sur la victime. "Non seulement il a tué leur maman, mais il la salit dans ses déclarations. Il essaie de justifier son acte en disant du mal d'elle."

La stratégie de la défense transparaît également dans le choix des témoins, selon l'avocat. "Nicolas Ullens a dit énormément de choses la concernant. Sa sœur n'a pas manqué, elle non plus, de dire des choses particulièrement désagréables, de noircir le portrait de Myriam Lechien."

La partie civile conteste fermement ces affirmations. "Certaines de ces choses se révèlent fausses. Ce sera dit pendant le procès", assure Me Kennes, sans en dévoiler la teneur.

Héritage et philanthropie : les choix financiers du couple défendus

Une partie du dossier porte sur la gestion du patrimoine de Guy Ullens, le mari de la victime. La défense de Nicolas Ullens semble y voir une influence néfaste de Myriam Lechien sur son époux. Me Kennes s'y oppose catégoriquement.

"C'était un homme d'affaires, ce n'était pas une victime. Il savait ce qu'il faisait de son argent. Il n'a pas été influencé." L'avocat rappelle que Guy Ullens a géré ses finances toute sa vie, "a toujours pris des risques, a gagné beaucoup et perdu beaucoup d'argent."

Une partie de ce patrimoine a financé des projets auxquels le couple croyait. Me Kennes cite notamment des engagements philanthropiques : une fondation contre le cancer, un projet scolaire au Népal, ainsi que la création d'un musée d'art contemporain à Pékin. "Il a dépensé son argent à lui pour une passion qui était la sienne."

Quant à Maison Ullens, la marque de vêtements dont Myriam avait pris la tête, l'avocat réfute l'idée d'un projet imposé par l'épouse. "Il a pu faire la marque Ullens et il a mis Madame à la tête de ce projet qui s'est cassé la figure. Ils l'ont fait ensemble."

Ces projets n'ont certes pas tous été rentables, reconnaît Me Kennes, mais ils ne peuvent être jugés uniquement à l'aune du rendement financier. "Ce sont de beaux projets. Ils n'ont pas ramené beaucoup d'argent, mais ils ont fait du bien à beaucoup de gens."

Un procès qui ne doit pas devenir celui de la victime

Me Kennes concède que les relations entre belle-mère et beaux-enfants ne sont pas toujours simples. Mais il conteste vigoureusement le portrait dressé de Myriam Ullens-Lechien par la défense.

"Ce que Nicolas Ullens reproche à son père, comme il ne peut pas tout dire puisqu'il y avait une relation filiale, il dit que c'est la faute de sa belle-mère. Mais il ne décrit pas de scène où elle aurait fait quelque chose."

L'avocat pose la question directement : "Qui a dit du mal d'elle et qui la connaissait vraiment ? Ceux qui disent du mal sont des gens qui ne l'ont jamais vue."

La partie civile redoute la prise de parole de l'accusé lors des débats. "Continue-t-on la vengeance pour prolonger l'assassinat commis ou est-on dans une défense plus digne ?", lance Me Kennes. "J'ai peur que mes clients soient blessés par des propos inutiles et inexacts, qu'on ajoute à leur souffrance."

L'avocat craint également que le procès de Nicolas Ullens ne se transforme en procès de sa victime. "C'est ce que certains ont déjà fait dans la presse", observe-t-il.

Il pose enfin la question de fond. "Qu'est-ce qui excuse ou justifie le fait de tuer quelqu'un qui n'a rien demandé à personne ? À ma connaissance, elle n'a commis aucune infraction, n'a volé personne, n'a frappé personne."

Sa conclusion est sans détour : "Elle a été exécutée. Il n'y a pas d'autres mots."

Jury constitué, débats ouverts

Le jury paritaire a été constitué avant l'ouverture des débats. Les audiences doivent se poursuivre pendant deux semaines au palais de justice de Nivelles. Nicolas Ullens comparaît pour l'assassinat de la baronne Myriam Ullens-Lechien, tuée de six balles devant son habitation d'Ohain le 29 mars 2023.

Source: Google News BE FR

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